Machine à calculer de Pascal : pourquoi l'Etat s'active pour que la France garde ce "trésor"

Machine à calculer de Pascal : pourquoi l'Etat s'active pour que la France garde ce "trésor" La justice française a suspendu l'exportation d'une machine à calculer inventée par Pascal. Celle-ci devait être mise aux enchères.

Le tribunal administratif de Paris a suspendu provisoirement mardi 18 novembre la délivrance d'un certificat d'exportation de la machine qui devait être mise aux enchères ce mercredi 19 novembre dans l'après-midi à Paris. Inventée par le célèbre mathématicien et philosophe Blaise Pascal en 1642, la Pascaline est une machine à calculer dédié à l'arpentage. L'invention, "au regard de sa valeur historique et scientifique", serait "susceptible d'être qualifiée de trésor national", selon un communiqué du tribunal administratif. Ainsi, cela fait "obstacle à la délivrance d'un certificat d'exportation", selon le tribunal administratif.

Cette décision provisoire, en attendant un jugement sur le fond, "interdit la sortie du territoire de la Pascaline". Néanmoins, elle "présente toutefois un caractère provisoire et ne vaut que jusqu'à l'intervention du jugement au fond", a rappelé le tribunal administratif. Cette machine, propriété d'un particulier, a une valeur estimée entre deux et trois millions d'euros. Elle fait partie des huit exemplaires authentiques de cette époque dans le monde et serait l'unique Pascaline d'arpentage qui permet de calculer les pieds, les toises et les pouces.

La vente aux enchères, prévue chez Christie's, a suscité d'autres oppositions. En effet, lors de l'audience, qui s'est tenue mardi en urgence, des opposants à la vente ont fait valoir la valeur unique de cet objet. Ceux-ci ont alors saisi le tribunal administratif de Paris d'un référé en suspension. "Cette machine a dû répondre à une commande particulière faite à Pascal", a détaillé Laurence Plazenet, présidente de la Société des amis de Port-Royal. Évoquant Vauban, Artus de Roannez ou les frères Perrault, tous proches de Louis XIV, elle a défendu l'idée que cet objet est extrêmement précieux pour le pays.

De son côté, le ministère de la Culture a défendu sa procédure en expliquant que conformément à ce qui est prévu, deux experts - l'un du Centre national des arts et métiers, et l'autre du Louvre - avaient donné leur accord pour la délivrance de ce certificat.