Marche blanche pour Quentin Deranque à Lyon : que faut-il retenir de la mobilisation ?
- La marche en hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste battu à mort à Lyon le 12 février 2026 s'est terminée peu après 18h.
- La préfecture du Rhône a annoncé le chiffre de 3 200 participants.
- L’agression mortelle de Quentin Deranque a fait énormément réagir ces derniers jours. Ce rassemblement à Lyon, ce samedi 21 février 2026 avait suscité de vives inquiétudes.
La préfecture du Rhône a autorisé la tenue de la manifestation comme l'avait annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Je ne peux interdire une manifestation que quand il y a des risques majeurs de troubles à l'ordre public, et que je ne suis pas en mesure de le contenir", annonçait le locataire de Beauvau ce vendredi matin sur RTL. Plusieurs élus lyonnais ont pourtant appelé à l'interdiction de la marche blanche, à commencer par le maire écologiste Grégory Doucet qui estimait jeudi que l'"interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable" compte tenu des risques de troubles à l'ordre public et des risques d'affrontements.
La manifestation a été "encadrée pour éviter tout débordement" comme l'avait assuré le ministre. Le locataire de Beauvau a évoqué un dispositif policier "extrêmement important" composé d'effectifs locaux et de renforts mobiles "en nombre conséquent" déployés autour du cortège et en périphérie. Ce qu'a confirmé la préfète en évoquant une marche "encadrée strictement par la mobilisation d'un dispositif de sécurité important".
Quel a été le tracé de marche blanche pour Quentin Deranque ?
La manifestation censée rendre hommage à Quentin Deranque, militant nationaliste battu à mort le 12 février en marge d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à l'institut d'études politiques de Lyon, s'est tenue dans le 7e arrondissement de la capitale des Gaules. Le cortège s'est élancé peu après 16 heures alors qu'un départ sous les coups de 15 heures était annoncé. La marche a débuté "sur la place Jean Jaurès avant d’arriver rue Victor Lagrange où se sont déroulés les faits.
Le point d'arrivée de la marche blanche iavait suscité beaucoup d'inquiétude. La maire d'arrondissement, Fanny Dubot, avait précisé qu'il s'agit d'une "petite rue" située "contre la voie ferrée" . "Ça met en danger tout le monde, et notamment les habitants de cette rue", avait ajouté l'élue citée par France 3.
Des centaines de militants d'ultra-droite et d'ultra-gauches mobilisés ?
Si la marche blanche organisée en hommage à Quentin Deranque inquiète autant, c'est parce qu'elle pourrait encore donner lieu à des affrontements entre des militants d'ultra-droite et d'autres d'ultra-gauche. La manifestation, déclarée en préfecture par la militante anti-avortement et proche du jeune nationaliste Aliette Espieux, a rassemblé des membres d'organisations d'ultra-droite, a confirmé le ministre de l'Intérieur. Environ 1 000 militants de ce bord politique étaient attendus à la manifestation, selon une source policier contactée par franceinfo, dont quelques dizaines de personnes venant de pays voisins comme l'Italie, la Belgique ou l'Allemagne.
Une dizaine de groupuscules d'ultradroite étaient attendue dans le cortège ce samedi. Parmi eux : le collectif féministe Némésis, La cocarde étudiante, Action française, Génération Europe, Patria Albiges (Albi), Lotherbund (Lorraine), Ingouvernables Nancy et Jeunes d’Or (Montpellier). La présence d'un influenceur d'ultradroite avait aussi été également mentionnée sans que son nom ne soit révélé. L'organisatrice de la marche blanche, Aliette Espieux, a toutefois assuré que l'objectif n'était pas "d'en découdre".
Face à cette mobilisation, des groupes d'ultra gauche lyonnais ont appelé à "ne pas laisser la rue" à l'ultra-droite sur les réseaux sociaux. En réaction, environ 1 500 militants de la région sont attendus sur place pour organiser une contre-manifestations, selon la même source policière citée par franceinfo. Les renseignements n'ont toutefois pas détecté de volonté d'affrontements à ce stade. Au contraire, les militants seraient appelés à "se confiner".
Les parents de Quentin Deranque appellent à une manifestation "sans expression politique"
Dans un contexte politique explosif, des débordements et des affrontements violents ne sont cependant pas à écarter. D'autant que l'affiche annonçant la marche blanche pour Quentin Deranque pointe du doigt les "antifas" accusés d'avoir tué la victime. En parallèle, des tracts mis en circulation par l'ultra-gauche appellent à "tenir tête aux racistes et à la police qui les protègent" ou à "l'autodéfense populaire", rapporte France 3. Les parents de Quentin Deranque ont fait savoir qu'ils ne participeront pas à la marche blanche organisée pour leur fils. Ils ont également appelé les personnes souhaitant s'agréger à l'initiative à le faire "sans expression politique", a précisé leur avocat, Me Fabien Rajon sur RTL.
Du côté des politiques, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a recommandé à ses élus de ne pas se rendre à la marche blanche organisée en mémoire de Quentin Deranque. Le parti, qui a accusé La France insoumise d'avoir une responsabilité dans la mort du militant nationaliste en raison de ses liens avec des groupes antifascistes d'ultra-gauche, s'est également défendu d'avoir des liens comparables avec des groupuscules d'extrême droite. Ne pouvant ignorer les remarques sur les origines historiques du parti, Jordan Bardella a assuré que Marine Le Pen s'était affairée à nettoyer les rangs du RN.