Le pôle magnétique de la Terre s'est encore déplacé avec un impact crucial sur la navigation mondiale et les technologies du quotidien
S'orienter peut paraitre primaire. Il suffit de suivre l'aiguille de la boussole, qui pointe vers le nord. Ce geste anodin repose tout de même sur de l'instabilité. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'aiguille qui pointe le nord est loin d'être immobile car les des champs magnétiques bougent. Suivre et observer leurs déplacements est d'ailleurs tout à fait possible grâce au Champ géomagnétique international de référence (IGRF), un algorithme mathématique dont les paramètres proviennent aujourd'hui de données d'analyses de satellites.
Cet algorithme se dédouble du Modèle magnétique mondial (WMM), une autre référence indispensable, utilisée pour toute navigation maritime et aérienne. Mais, également, pour les boussoles numériques et les systèmes de positionnement globaux. Il a été élaboré par l'Agence américaine d'observation atmosphérique et océanique, en collaboration avec le service géologique britannique. Ce modèle est révisé et publié tous les 5 ans. Il est principalement consulté par les gouvernements, les militaires, les organisations internationales, à l'image de l'OTAN, ou encore les marines commerciales. La version 2025, parue en 2024, était censée être valable jusque 2030. Mais de nouveaux calculs ont nécessité une nouvelle mise à jour.

Il faut comprendre que sous la surface de la planète, le champ magnétique de la Terre ne cesse de se déplacer. Ces mouvements, provenant de métal en fusion, modifient souvent les positions du champ magnétique terrestre et créent des courants électriques. Et, par la suite, le fameux champ magnétique, qui entoure la planète Terre.
Les scientifiques, explique The Conversation, ont remarqué une importante anomalie dans la dérive du pôle nord magnétique. Sa vitesse a dépassé les 70 km par an dans le passé. Le point vers lequel pointent les boussoles est plus proche de la Sibérie que de l'Arctique canadien, a ainsi parcouru plus de 2 200 kilomètres depuis sa première identification officielle en 1831. Mais son déplacement s'est considérablement ralenti, le déplacement du pôle Nord magnétique a réduit sa vitesse à environ 35 kilomètres par an. Les scientifiques parlent de la "plus forte décélération jamais enregistrée", et ce phénomène, bien que progressif, a des implications techniques importantes.
Les scientifiques ont dû refaire leurs calculs pour intégrer cette modification très significative : elle entraîne les changements des repères d'orientations du maritime et aérienne. Car, oui, les pistes, d'aéroports entre autres, ont un numéro basé sur l'orientation du nord magnétique. Et, forcément, quand le nord change, le numéro devient incorrect et les données sont faussées. Autres données qui se sont mises à jour : les cartes de navigation intégrées par les fabricants de téléphones mobiles et d'automobiles.
Les scientifiques ont donc été obligés de mettre à jour le schéma scientifique. Autre nouveauté qu'ils ont apporté : une version haute résolution qui permet, d'ailleurs, au modèle de passer d'une précision de 3300 kilomètres à environ 300 kilomètres à l'équateur. Ce qui optimise considérablement les calculs de relèvements dans des zones complexes, rapporte la Nacion.