Suicide d'Evaëlle : au procès de l'enseignante mise en cause, les mots forts de la maman
En 2019, Evaëlle, une jeune collégienne de 11 ans, s'était suicidée dans sa chambre du pavillon familial d'Herblay, dans le Val-d'Oise. Près de sept ans plus tard, le procès en appel de sa professeure de français, accusée de harcèlement, s'est ouvert ce lundi 9 février 2026 à Versailles. L'enseignante avait été relaxée en avril 2025 après que le tribunal avait jugé les éléments retenus contre elle "discordants, indirects, peu précis" ou étant simplement des "comportements appropriés et légitimes pour l'exercice de l'autorité d'un enseignant en classe".
En ce premier jour de procès, la mère d'Evaëlle a pris la parole. Des mots pour le moins poignants. "Si je me tiens devant vous, c'est pour que la souffrance de mon enfant soit entendue", a-t-elle commencé, comme le relaie BFMTV. La voix brisée et ne cachant pas son émotion, elle a poursuivi : Evaëlle "mettait de la lumière partout où elle passait. Elle voulait grandir, apprendre, être respectée. Evaëlle était une enfant profondément attachante."
"À l'école, elle aurait dû être en sécurité"
La mère de famille s'est ensuite rappelé qu'Evaëlle était particulièrement "impatiente de s'inscrire au collège". La jeune fille s'est suicidée en juin, alors qu'elle était élève en sixième au sein de l'établissement Isabelle-Autissier d'Herblay. "À l'école, elle aurait dû être en sécurité, mais elle a rencontré l'humiliation", a ensuite déploré la mère d'Evaëlle face aux juges. Et d'ajouter, comme le rapporte encore Ouest-France : "Rendre justice, c'est responsabiliser cette professeure qui ne se remet pas en cause et qui porte une responsabilité écrasante du fait de son statut."
Pour elle, il est évident que "les institutions" n'ont pas été à la hauteur. Elles auraient dû "protéger" l'adolescente. "Cette professeure a fait du mal à ma fille, c'est indéniable. Jugez-la pour le mal qu'elle a fait", a-t-elle accusé, appelant à "regarder ce sujet en face" et à "dire que le harcèlement est un sujet grave". Et la mère de famille de conclure : "Madame la présidente, je vous confie ce que j'ai de plus précieux : la mémoire d'Evaëlle." Elle a ensuite demandé à ce que soit reconnu ce que sa fille avait subi et que soient "protégés tous les enfants qui souffrent en silence".