Retraite : de nouvelles règles pour les pensions de réversion ?

Retraite : de nouvelles règles pour les pensions de réversion ? REFORME RETRAITES - Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, envisage d'harmoniser les règles de calcul des pensions de réversion. Une possibilité qui inquiète fortement les retraités.

[Mis à jour le 27 juin 2018 à 11h13] Alors qu'il a lancé le 31 mai une vaste consultation citoyenne, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, continue à passer en revue les principaux dossiers pour préparer son texte de réforme. Et depuis quelques jours, il y a un volet qui inquiète particulièrement les retraités : la possible mise en place de nouvelles règles pour le calcul des pensions de réversion

Les pensions de réversion représentent 36 milliards d'euros et sont versées à 4,4 millions de bénéficiaires lesquels sont à 87% des femmes.  Et pour 1 million de ces bénéficiaires, la réversion est la seule pension de retraite qu'ils touchent. Dès lors, on comprend l'inquiétude que représente la réforme. D'autant que le montant individuel des pensions de réversion est plutôt bas,  en moyenne il s'établit à 642 euros pour les femmes et de 304 euros pour les hommes.  

Concrètement, le montant des pensions varient selon le régime de retraite de l'assuré. La réforme envisagée porterait sur 5 critères : l'âge pour bénéficier de la pension de réversion (55 ans aujourd'hui), son attribution sous conditions de ressources (20 550 euros pour une personne seule et 32 880 pour un couple actuellement), une durée de mariage minimal, et une condition de non-remariage, le taux de versement (54% de la retraite du conjoint décédé en 2018). Interrogé par Le Figaro, le haut-commissaire, ancien ministre de la Fonction publique sous Jacques Chirac, a tenu à rassurer les retraités : "On se pose la question de revisiter le maquis des pensions de réversion. Le but est d'harmoniser les règles, mais à enveloppe constante." Une position pleinement partagée par Edouard Philippe. Le Premier ministre a estimé au Sénat : "Nous devons poser sur la table la question de ces pensions de réversion, évidemment pas pour les faire disparaître."

Lors du lancement de la consultation citoyenne, le 31 mai, Jean-Paul Delevoye avait rappelé sa manière de procéder. "Notre méthode de dialogue basé sur l'intelligence collective consiste à permettre à chacun des acteurs de contribuer à la réflexion. Nous menons des discussions pendant toute l'année 2018", avait-il expliqué dans les colonnes du Parisien. Entre mai et décembre 2018, les concertations réuniront tous les partenaires sociaux : syndicats, patronat, parlementaires, etc. En parallèle, le gouvernement "prendra le pouls des Français" et les invitera à se prononcer sur une plateforme en ligne qui proposera à chacun "de réfléchir à différents scénarios, aux enjeux de la mise en oeuvre pratique du principe 'un euro cotisé = même droits".

Généralisation du système de retraite à points

L'un des principaux volets de la réforme des retraites est la généralisation du système de retraite par points. Promis par le candidat Macron, ce système doit simplifier l'appareil actuel, jugé trop complexe et source d'inégalités. La réforme mettra fin au calcul des retraite par annuité et instaurera un principe de cumul de points, tout au long de la carrière. Ces points seront transformés en pension au moment du départ à la retraite, en appliquant un coefficient de conversion en fonction de l'âge du départ et de la valeur du point au moment du calcul. "L'objectif est qu'à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique", précisait le haut-commissaire. Et de poursuivre : "Aujourd'hui, si vous avez un parcours dans la fonction publique ou dans le privé, vous n'avez pas la même retraite. Cela concourt à un sentiment d'inégalités profondes dans la société française".

Certains régimes spéciaux conservés ?

Ce système universel de cotisation par points ne se traduira pas non plus par l'élaboration d'un système unique. Jean-Paul Delevoye a ainsi abordé le sort réservé aux 42 régimes spéciaux de retraite existants, dont certaines spécificités devraient être conservées : "cette question sera abordée au deuxième semestre. On va regarder quelles sont les différences avec le régime universel, les convergences possibles et les spécificités qu'il est justifié de maintenir comme par exemple pour les militaires ou pour les régimes des indépendants".

L'âge de départ à la retraite maintenu

"Dans un système à points, la notion de durée disparaît, expliquait le haut-commissaire au Parisien. C'est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j'ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars". Le gouvernement prévoit tout de même de conserver un seuil en-dessous duquel les personnes ne pourront pas partir à la retraite, "pour éviter que cela ne pèse sur la solidarité nationale", argue Jean-Paul Delevoye. L'âge actuel de 62 ans sera donc vraisemblablement conservé.

La 2e étape de la préparation de la réforme débutera au mois de décembre 2018, avec le lancement d'une seconde phase de concertation avec les partenaires sociaux et la mise en ligne d'un comparateur permettant aux citoyens d'évaluer leurs droits, avec et sans réforme. La présentation du projet de loi pourrait intervenir au cours des prochains mois, pour un examen au Parlement au printemps 2019.

VIDEO - Ce que Macron prévoyait pour les retraites dans son programme.

Article le plus lu - L'hommage de Trump à Aretha Franklin critiqué › Voir les actualités

Comptes épargne

Annonces Google