Cette méthode du 10e siècle peut chauffer toute la maison : elle est bien plus efficace qu'un poêle

Cette méthode du 10e siècle peut chauffer toute la maison : elle est bien plus efficace qu'un poêle Toute la maison est chauffée, même lorsque les températures sont en chute libre.

Et si le meilleur moyen de se chauffer se trouver dans les techniques d'antan ? En Corée, où les hivers affichent des records glaciaux allant jusqu'à -21 °C, les habitants  utilisent depuis le Xe siècle une méthode ingénieuse qui reste, encore aujourd'hui, la norme absolue dans le pays.

Contrairement à nos foyers européens où la chaleur rayonne souvent d'un point central comme un poêle ou un radiateur, la technique coréenne mise sur une approche différente, qui a inspiré les chauffages occidentaux les plus modernes. Tout repose sur l'architecture unique des maisons traditionnelles coréennes.

Comme l'explique l'historien Laurent Quisefit, elles sont systématiquement construites de plain-pied. Elles reposent sur une plateforme surélevée qui protège de l'humidité du sol, à l'exception notable de la cuisine qui se situe en contrebas. C'est ici, dans cette différence de niveau, que commence la magie de l'ondol.

Le fonctionnement est aussi simple qu'efficace. Lorsqu'on allume du bois dans un foyer spécialement conçu à cet effet (agungi) situé dans la cuisine, la fumée chaude ne s'échappe pas directement. Elle est guidée à travers des conduits souterrains où un réseau de pierres et briques enduites de boue captent sa chaleur. Ces dernières chauffent lentement et diffusent une chaleur douce et uniforme par le sol. À l'autre bout du circuit, une cheminée empêche la fumée de s'évacuer, permettant ainsi de garder la fumée plus longtemps.

Cela explique pourquoi la plupart des activités, comme dormir ou manger, se faisait à même le sol. Ce système est si puissant qu'il a littéralement sidéré les premiers voyageurs occidentaux au XIXe siècle. L'écrivain anglais Savage Landor racontait avec humour avoir eu l'impression d'entrer dans un crématorium tant le sol était brûlant. "Il est vrai que l'hospitalité coréenne tendait à offrir le meilleur chauffage possible à l'honorable voyageur étranger, quitte à le "cuire"" selon Laurent Quisefit.

Aujourd'hui, cette tradition millénaire a parfaitement réussi sa transition vers la modernité. Le chauffage est désormais collectif dans les grands ensembles coréens. Les habitants peuvent régler la température comme un chauffage classique, par un thermostat et des capteurs de températures pour allumer ou éteindre. 

Cette technologie s'exporte maintenant partout dans le monde. Des entreprises comme Kiturami Boiler installent désormais ce confort dans les pays aux hivers glacials, comme la Russie, la Chine ou les États-Unis. Les pays Occidentaux s'en sont aussi inspirés pour créer les derniers systèmes de chauffage au sol, qui fonctionnent avec des tubes d'eau.