Ces boutiques très prisées pullulent dans les villes de France, mais les nuisances exaspèrent les riverains
Files d'attente interminables, nuisances sonores jusqu'en soirée, ou encore locaux vacants pendants plusieurs mois... Ces magasins originaux pullulent dans les grandes villes, pour le bonheur des jeunes et le malheur des commerces traditionnels. Certains ne désemplissent plus quand d'autres sont dépassés par ce genre de bulle que la mode provoque régulièrement ici et là. Certaines villes comme Paris prennent des mesures afin de les réguler.
De quoi s'agit-il ? Des pop-up stores, qui envahissent les rues et dont la génération Z raffole. Ces magasins éphémères se démarquent par leur volonté de faire vivre aux clients une "expérience unique" lors de leurs achats avec de la musique, des concerts, un décor voire univers totalement nouveau, parfois des performances. Ils n'ouvrent que pour des périodes restreintes allant de quelques semaines à quelques mois.
Un rythme d'ouverture répondant à une nouvelle tendance de consommation : "Depuis le Covid, nos comportements d'achat ont changé et s'adaptent à la montée de l'e-commerce", explique Laetitia Lamari, spécialiste en marketing dans le secteur du commerce à 20minutes. Sans compter qu'en évitant de s'installer durablement dans des locaux souvent onéreux, les pop-up stores permettent de générer du cash sans s'engager dans des coûts sur le long terme.
Le concept, né sur les réseaux sociaux, attire une foule de fans prêts à faire la queue pendant des heures pour acheter les dernières nouveautés de leurs idoles : des produits estampillées Léna Situations, Ariana Grande ou en partenariat avec de grandes marques de luxe, particulièrement populaires chez les jeunes à l'affut d'un moment d'achat "fun". Certains magasins proposent aussi d'acheter des produits à personnaliser.
"Le gros avantage des magasins éphémères c'est surtout qu'on va pouvoir avoir une vraie expérience client et retranscrire son image dans une boutique. Sans oublier qu'on dépense plus quand les lieux sont plus immersifs", ajoute l'experte. Cependant, ces boutiques font de l'ombre aux commerces de proximité qui finissent par fermer, n'arrivant pas à faire face à cette concurrence. "Les commerces ont eu des soucis après le Covid-19, sans oublier que les tarifs des loyers et de l'électricité sont de plus en plus élevés", explique Laetitia Lamari.
Autre problème engendré par ce phénomène : les nuisances sonores. Les pop-up stores attirent des foules provoquant beaucoup de bruit dans les rues. Certaines ouvertures peuvent se poursuivre jusqu'à tard en soirée, avec parfois DJ sets improvisés. À Paris, la multiplication de ces magasins éphémères fait réagir. "On a de moins en moins de ce qu'on appelle des commerces de proximité : commerces de bouches, boulangers, charcutiers, pharmacies. Nous, ce qu'on défend à Paris, c'est le commerce physique, de proximité, indépendant ", regrette quant à lui Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint communiste au Commerce à la Ville de Paris sur Actu.fr.
La capitale a donc pris des mesures afin de réguler ces installations : " On utilise un outil qu'on a qui est l'outil de préemption c'est-à-dire que quand il y a des ventes, la ville peut racheter, transformer et implanter des commerces de proximité". Malheureusement, cette solution est limitée. " Du côté de la rue de Nazareth, il y avait 25 locaux dans trois rues mais on ne pouvait évidemment pas acheter les 25, on n'a pas cette capacité d'acha ". La ville ne cherche pas à faire disparaître ces boutiques, c'est pourquoi elle collabore avec de nombreux acteurs du commerce éphémère. Paris possède son propre Testeur de commerce, un local disponible à la location entre 15 jours et quatre mois pour les jeunes entreprises avant qu'elles se lancent, ou pas, sur un bail de plus long terme.