Nick Conrad : "Doux pays", un clip et des paroles polémiques

Nick Conrad : "Doux pays", un clip et des paroles polémiques NICK CONRAD - Après une première polémique autour du titre "Pendez les blancs", le rappeur Nick Conrad s'est attiré les foudres du gouvernement avec "Doux pays".

[Mis à jour le 20 mai 2019 à 18h06] À chaque sortie de titre, sa polémique. Ce week-end, le rappeur Nick Conrad a de nouveau été sous les feux des projecteurs après la mise en ligne de son morceau baptisé "Doux pays". Dans ce titre, le trentenaire s'en prend frontalement à ceux qui avaient critiqué son précédent morceau, "Pendez les blancs", qui avait lui aussi déclenché une vaste polémique en septembre dernier.

Si la classe politique apparaît divisée sur les paroles de "Doux pays", Christophe Castaner lui, a annoncé avoir porté plainte, dimanche 19 mai 2019. "Je condamne sans réserve et sans ambiguïté les propos inqualifiables et le clip odieux de Nick Conrad. Je saisis le procureur de la République. À ma demande, la plateforme Pharos œuvre au retrait de ce qui n'est rien d'autre qu'un appel à la haine de notre pays et à la violence", écrit le ministre de l'Intérieur dans un message posté du Twitter.

La cause de ce courroux contre Nick Conrad ? Les paroles et le clip de "Doux pays". Dans ce titre polémique, le rappeur assène (entre autres) : "Je ba*se la France jusqu'à l'agonie, je brûle la France (...) Cet Hexagone, j'enc*le sa grand-mère", chante-t-il par exemple dans "Doux pays", fustigeant au passage ses détracteurs, les médias et "la mentalité française". "Cet Hexagone, j'l'encule sa grand-mère, Air France on mange trop mal à bord. Elle aime quand on se tue, quand il y a du sang à l'aéroport. Marianne a falsifié ma story, j'ai posé une bombe sous son panthéon."

La vidéo elle suscite elle aussi l'indignation. On y découvre Nick Conrad étranglant une femme, qui symbolise selon ses dires "la mentalité française", comme il l'a expliqué ce lundi à RMC. Nick Conrad avait pourtant posté un message au début du clip, ce qui n'aura pas suffit à éteindre la polémique : "Ce clip comporte des scènes, des propos ou des images pouvant heurter la sensibilité des spectateurs. Sa vision comme son interprétation requièrent des spectateurs préparés et distanciés", est-il expliqué, avec une interdiction aux moins de 16 ans. À la fin du clip, sur un fond noir, on pouvait lire : "Le mot France est à considérer ici comme mentalité française, médias, etc. qui se sont arrogé le droit de qualifier Nick Conrad en des termes inexacts, plutôt que d'ouvrir le débat épineux. C'est donc sur eux que se tournent ces mots mais en aucun cas sur les Français.es. qui subissent malgré eux.elles l'influence des médias & des leaders d'opinions mensongers".  

L'avocate de Nick Conrad menacée de mort

Au milieu des levées de bouclier contre les textes du rappeur Nick Conrad, c'est également son avocate qui est prise pour cible. Maître Chloé Arnoux, qui défend le trentenaire dans la tourmente après ses titres "Pendez les blancs" et "Doux pays", aurait reçu plusieurs menaces de mort et de viol, selon les informations de LCI. Une enquête aurait été ouverte par le parquet de Bobigny pour "menaces de mort". L'avocate aurait porté plainte le mois dernier, selon une source judiciaire citée par Franceinfo. L'enquête est entre les mains de la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire de Paris, qui tenteront de remonter jusqu'aux auteurs de ces menaces, envoyés sous forme de courriels, de SMS et de tweets.

Doux pays : Nick Conrad répond à la polémique

Après deux jours de polémiques sur son nouveau clip, Nick Conrad a pris la parole dans l'émission de RMC Les "Grandes gueules", ce lundi 20 mai 2019. "La chanson, elle, fait écho à la polémique qui avait eu lieu par rapport à PLB ("Pendez les blancs" ndlr.), c'est une réponse aux médias, aux politiciens qui avaient divulgué un certain nombre de fausses informations (...) il était important de rectifier", commence le rappeur, demandant à ce qu'on ne crée pas "d'amalgames dans l'esprit ou une espèce de confusion".

Et de faire valoir : "Le rap en France il est stigmatisé, il n'est pas apprécié à sa juste valeur comme dans d'autres pays (...) il y a de la récupération politique, c'est incontestable. Les gens se servent de morceaux de rap, alors qu'il y a beaucoup plus de choses intéressantes à faire en terme de politique dans le pays (...) Le rap, chacun est libre de s'en servir comme il veut". À la fin de la vidéo, Nick Conrad étrangle une femme, symbole de "la mentalité française", explique-t-il. "Quel est le problème maintenant ? Vous allez toujours trouver une raison ridicule pour essayer de descendre ce que quelqu'un essaie de faire. Et je trouve ça un peu dommage", conclut-il au micro de RMC.

Nick Conrad et la polémique de "Pendez les Blancs"

En septembre dernier, à la parution du clip de "Pendez les blancs", Nick Conrad - sous le pseudonyme PLB - avait suscité une vaste polémique. Si la vidéo a depuis été supprimée, elle avait à l'époque, choqué nombre d'internautes et même, des personnalités politiques. Bruno Retailleau, sénateur LR, avait été le premier à publier un message d'indignation jusqu'à ce que Gérard Collomb, alors ministre de l'Intérieur, ne se saisisse de l'affaire et ne "condamne sans réserve ces propos abjects et ces attaques ignominieuses".

Parallèlement, le clip avait donc même provoqué l'ouverture d'une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit". De son côté, Nick Conrad n'en démordait et expliquait sur RTL que le message de sa vidéo avait été mal compris. Conscient d'avoir choqué, il estimait toutefois que cela était le "but de la manœuvre".

"Tous les mots que j'ai utilisés sont des choses qui se sont vraiment passées et qui ont vraiment eu lieu sur la communauté noire", avait-il déclaré sur LCI. Dans son clip aux images très violentes, ce trentenaire d'origine camerounaise appelait à "pendre les Blancs". "Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort, faites-le franchement, que ça pue la mort que ça pisse le sang", chantait-il. Ce titre lui avait valu une condamnation en justice. Le 19 mars dernier, le trentenaire avait écopé de 5 000 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris, pour "provocation au crime". Nick Conrad avait exprimé son souhait de faire appel.

Les paroles de "Pendez les blancs" ne passent pas

En septembre dernier, Nick Conrad avait déjà beaucoup fait parler de lui. En cause ? Les paroles provocatrices de son morceau, "Pendez les blancs", dont le titre avait déjà à lui tout seul fait polémique. Dès la sortie du morceau, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour "provocation publique à la commission d'un crime ou d'un délit". Dans le clip, depuis supprimé, on apercevait Nick Conrad enfoncer une arme dans la bouche d'un homme enfermé dans un coffre de voiture, ou un pendu se balancer au bout d'une corde.

"Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs. Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands. Fouettez-les fort, faites-le franchement. Que ça pue la mort, que ça pisse le sang. Pendus aux arbres dans le vide sidéral", chantait notamment le rappeur dans "Pendez les blancs".

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