La mammographie pourrait aussi prédire le risque cardiaque, elle révèle un détail essentiel
D'une pierre deux coups ! La mammographie, qui permet de dépister le cancer du sein chez les femmes, peut aussi détecter un risque cardiovasculaire. Cet examen, proposé à toutes les femmes à partir de 50 ans dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, pourrait ainsi "également servir à dépister les maladies cardiovasculaires", d'après la Société européenne de cardiologie.
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes. Pourtant, "elles sont sous-diagnostiquées", regrettent les auteurs d'une étude de grande ampleur publiée dans l'European Heart Journal. Ils estiment que la mammographie pourrait représenter une nouvelle mesure de prévention cardiovasculaire à grande échelle, puisque des millions de femmes réalisent déjà cet examen chaque année.
Cette étude, qui a porté sur plus de 120 000 femmes ayant participé au dépistage du cancer du sein et n'ayant pas de maladie cardiovasculaire, a confirmé que les mammographies révèlent des dépôts de calcium dans les artères mammaires. "Cette calcification artérielle est fortement liée au risque de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral (AVC) et de décès", précise la Société européenne de cardiologie.
Avec l'aide de l'intelligence artificielle pour quantifier les dépôts de calcium dans les artères mammaires, les chercheurs ont classé les femmes en 4 catégories en fonction de leur niveau de calcification artérielle : absent, léger, modéré ou sévère. Le constat est sans appel : "plus la quantité de calcium visible dans les artères du sein sur une mammographie est importante, plus le risque pour une femme de subir un événement cardiaque grave - comme une crise cardiaque, un AVC ou une insuffisance cardiaque - est élevé", a rapporté le Dr Hari Trivedi, auteur principal de l'étude publiée en mars 2026.
Dans le détail, une calcification légère augmentait de 30 % le risque de développer une maladie cardiovasculaire grave (comme un AVC ou une crise cardiaque). Une calcification modérée augmentait le risque de 70 % ; et chez les femmes avec une calcification sévère, le risque était même multiplié par 2 à 3. De précédentes recherches, notamment une méta-analyse publiée en 2024, avaient déjà mis en évidence que les dépôts de calcium repérés dans les mammographies étaient un indicateur de maladies cardiovasculaires. L'étude publiée dans l'European Heart Journal, "la plus grande de ce type" d'après le Dr Trivedi, confirme donc "l'utilité clinique potentielle" de la calcification artérielle mammaire, "en particulier pour identifier les femmes à risque qui ne sont pas détectées par les méthodes de dépistage traditionnelles".
La mammographie n'aurait pas vocation à se substituer aux autres méthodes de dépistage : elle les complèterait. Elle est particulièrement intéressante puisqu'il s'agit d'une "méthode accessible et opportuniste pour repérer les femmes à risque, sans nécessiter d'examens supplémentaires", rappellent les auteurs de l'étude.