"Vous n'avez pas honte ?" : ce jour où Jean-Pierre Elkabbach a dénoncé l'attitude de Marine Le Pen en direct à la radio

"Vous n'avez pas honte ?" : ce jour où Jean-Pierre Elkabbach a dénoncé l'attitude de Marine Le Pen en direct à la radio Le décès de Jean-Pierre Elkabbach a endeuillé la sphère politique et médiatique. C'est un style cash et un roi de la punchline qui disparait, dont plusieurs politiques ont fait les frais... dont Marine Le Pen !

Jean-Pierre Elkabbach nous a quittés ce mardi 3 octobre 2023. Avec le décès du journaliste de 86 ans, c'est une figure du milieu médiatique qui s'éteint. Car Elkabbach s'est illustré au cours de nombreuses interviews auprès d'hommes et femmes politiques ou de chefs d'états par son style pugnace et un sens très marqué de la punchline comme on n'en fait plus à la radio ou à la télévision.

Plusieurs personnalités politiques ont pu faire les frais de ce sens de la formule choc. C'est notamment le cas de Marine Le Pen. Interviewée en 2015 dans les locaux d'Europe 1, la présidente du Front national (désormais connu comme le Rassemblement national) a été totalement décontenancée par Jean-Pierre Elkabbach dès la première question du journaliste. La phrase d'accroche était plutôt inhabituelle : "Bonjour Marine Le Pen. Vous n'avez pas honte ?"

Cette entrée en matière sera répétée plusieurs fois par le journaliste, devant une Marine Le Pen sans voix. Le tout en la regardant droit dans les yeux. "Pardon ?", "Vous n'avez pas honte", répètera-t-il. "Honte de quoi ?", finira par demander la présidente du parti d'extrême-droite, interloquée. "Vous n'avez pas de regrets ?" embrayera une nouvelle fois Jean-Pierre Elkabbach.

"Je vous reconnais bien là dans la provocation"

Marine Le Pen va alors insister pour obtenir des explications de la part du journaliste d'Europe 1 : "Mais de quoi me parlez-vous monsieur Elkabbach ? Je vous reconnais bien là dans la provocation." 

Jean-Pierre Elkabbach donnera, finalement, le contexte lié à sa question : l'absence de la présidente du FN aux manifestations de soutien à Charlie Hebdo, après les attentats visant le journal en janvier 2015. "Le monde entier était à Paris hier, c'était au-delà de l'Union nationale, l'Union européenne, l'Union planétaire pour lutter contre le terrorisme. Une sorte de rassemblement et les démocrates se sont passées de vous parce que vous n'y étiez pas", détaillera le journaliste.

Cette sortie n'était que l'une des nombreuses joutes verbales auxquelles Jean-Pierre Elkabbach a pu s'adonner au cours de sa carrière. Il avait notamment mitraillé un projet de réforme du secrétaire d'Etat André Vallini, en 2014, en lui demandant "Quelle couleur vous préférez pour le mur ?", avant d'ajouter : "le mur sur lequel votre réforme territoriale va se fracasser". 

Il avait également pris à partie Bruno Le Maire en 2016, mais également énervé Georges Marchais lors de différents entretiens, entre 1978 et 1980. Ces échanges parfois houleux avaient alors inspiré à Thierry Le Lurron la formule, inventée, mais devenue culte : "Taisez-vous Elkabbach !"