"Plus rentable que la revente" : des millions de marchandises de Zalando finissent à la poubelle, selon l'employé d'une entreprise partenaire
Scandale chez le géant allemand Zalando ? Le site d'achat en ligne est accusé de détruire en masse des marchandises retournées par les clients. Cette information très étonnante vient d'un employé d'un des partenaires logistiques de Zalando MS Direct. Selon lui, les faits se produiraient régulièrement sur le site d'Arbon en Thurgovie.
Ce témoin, se faisant appelé Markus H. pour préserver son anonymat, s'est confié au quotidien suisse Blick avec en appui des photos et vidéos de ce qu'il avance. Au total, MS Direct détruirait des milliers de marchandises retournées chaque semaine, représentant la destruction totale de 15 000 articles chaque mois. Rien que dans le secteur de la beauté, chaque mois, 8 000 articles seraient détruits. En six ans, selon les calculs de l'employé, des biens d'une valeur allant jusqu'à 40 millions de francs ont été détruits (40 millions d'euros).
La raison ? Les coûts économiques. L'employé chez MS Direct donne son explication : "La destruction est plus rentable que la revente, c'est ce que j'ai entendu dire par les responsables." Remettre ces articles dans le circuit commercial n'est donc pas envisageable, selon Markus H, parce que "cela prend beaucoup trop de temps." Les articles détruits sont sélectionnés selon un critère, leur coût : "Tout ce qui est du stock B est jeté", explique l'employé, soit des produits d'une valeur inférieure à 100 euros comme des appareils électroniques, des cosmétiques et des produits de beauté.

Zalando a répondu à ces accusations et affirme revaloriser 98% des produits retournés en les proposant directement en boutique ou en les transmettant à des points de vente et des organisations caritatives. De son côté, la direction du groupe MS Direct a contredit son employé : "MS Direct n'est chargé que très rarement de l'élimination des marchandises défectueuses et invendables", a déclaré un porte-parole de l'entreprise.
Ce phénomène ne serait pourtant pas rare dans le secteur de la mode, les marques de prêt à porter comme H&M ou Burberry ont déjà fait l'objet de critiques ou d'accusations de ce type. Le conditionnement des articles retournés est encore assez opaque.