Acheté par des millions de personnes par mois, son prix augmente encore de 9%

Acheté par des millions de personnes par mois, son prix augmente encore de 9% Il coûte aujourd'hui presque trois fois plus cher qu'au début des années 2010 et l'augmentation représente un demi-plein d'essence par foyer et par an.

Ça augmente encore. Depuis le 1er janvier, son prix grimpe de 9 %. Et ce n'est clairement pas la première fois. Année après année, la facture s'alourdit, presque mécaniquement. L'an dernier déjà, la hausse dépassait les 7 %. L'année précédente, elle flirtait avec les 10 %. En remontant le fil, on constate une tendance lourde : en dix ans, le tarif a quasiment doublé. Un produit du quotidien, discret mais indispensable, qui coûte aujourd'hui presque trois fois plus cher qu'au début des années 2010. Ce produit, utilisé sans même y penser, acheté par des millions de personnes chaque mois, ce n'est autre que le timbre vert.

Celui que l'on colle sur une enveloppe blanche pour envoyer une lettre simple, partout en France. Celui que l'on achète en carnet "au cas où", pour un papier important, une carte, un courrier administratif. Malgré l'explosion du numérique, il reste très présent dans les foyers, notamment chez celles et ceux qui préfèrent le papier, par habitude ou par nécessité. Pour les particuliers, cette augmentation n'est pas anodine. Un timbre, pris isolément, peut sembler dérisoire. Mais quand on en achète plusieurs par an, ou que l'on envoie régulièrement du courrier, la note grimpe vite. Pour les retraités, les familles, les petites associations ou les personnes peu à l'aise avec Internet, le timbre reste souvent incontournable.

À titre d'exemple concret, prenons une consommation pourtant raisonnable : vingt timbres par an. Au début des années 2010, lorsqu'un timbre coûtait 0,58 €, cela représentait une dépense annuelle de 11,60 €. À partir du 1er janvier, avec un timbre vert à 1,52 €, la même quantité coûte 30,40 €. La différence est donc de 18,80 € pour exactement le même service. Une somme qui peut sembler modeste, mais qui correspond aujourd'hui au prix de deux paquets de café, d'un plein de courses de dépannage, d'une place de cinéma, ou encore de plusieurs baguettes par semaine pendant un mois. Autant de petits achats du quotidien que cette hausse silencieuse vient grignoter, sans que l'on s'en rende forcément compte.

Cette nouvelle augmentation s'inscrit dans un contexte bien précis. Le volume de courrier ne cesse de baisser. On écrit moins, on imprime moins, on envoie davantage de mails et de messages instantanés. Mais le réseau postal, lui, continue d'exister : des bureaux, des facteurs, des tournées quotidiennes, y compris dans les zones rurales. Pour maintenir ce service, La Poste explique devoir répercuter ses coûts, en hausse eux aussi, entre l'énergie, le carburant et les salaires.