42 000 enfants sont privés d'un bien indispensable à l'école, les parents sont démunis

42 000 enfants sont privés d'un bien indispensable à l'école, les parents sont démunis De très nombreux élèves ne bénéficient pas tous d'encadrants indispensables pour les aider à suivre leur scolarité. Ce manque oblige des parents à dépenser des fortunes.

Aujourd'hui, 42 000 élèves en situation de handicap n'ont toujours pas d'AESH, ces accompagnants indispensables pour les aider à suivre leur scolarité. Cette situation met en lumière les inégalités et les dysfonctionnements persistants de l'Éducation nationale, selon des données dévoilées par RMC.

Fautes de candidats au poste d'AESH, ces élèves ne peuvent pas bénéficier des accompagnants nécessaires pour leur éducation. En effet, les AESH accompagnent en classe les élèves dyslexiques, malentendants ou autistes pour les aider à écrire, lire, ou savoir se comporter en classe. Des parents, face à cette absence d'aide, ont alors décidé de payer leur propre AESH, parfois au prix d'énormes sacrifices financiers.

En effet, ils sont plus de 500 a avoir embauché des AESH privés en les payant afin qu'ils viennent en aide à leurs enfants dans les écoles publiques ou privées sous contrat, selon RMC. Pourtant, l'Education nationale a l'obligation de scolariser ces enfants handicapés et de leur fournir un AESH. Certains parents attendent jusqu'à un an pour avoir un accompagnant alors qu'il s'agit d'un droit. Ceux qui en bénéficient ont face à eux des AESH avec 60 heures de formation, ce qui est loin d'être suffisant pour accompagner certains élèves aux handicaps complexes.

Élève handicapé écrit à son bureau © 123rf

Des parents vont jusqu'à faire eux-mêmes l'accompagnement scolaire de leurs enfants. C'est le cas de Sarah avec son fils de 11 ans diagnostiqué autiste à l'âge de 4 ans. Après des mois d'attente, l'AESH employé par l'Education nationale n'a pas réussi à canaliser son fils en classe explique-t-elle à RMC : "On a commencé à me dire que mon fils était de plus en plus problématique, malgré la présence de l'AESH. Donc, je suis passée de 15h de scolarisation à 10h, puis 5h. À chaque fois que j'amenais mon fils à l'école, la maîtresse levait les yeux au ciel pour me dire que ce n'était plus possible."

Ainsi, Sarah a dû faire elle-même l'éducation de son fils : "Par moment, j'ai dû intervenir et faire moi-même l'AESH de mon fils." Elle a finalement décidé d'engager son propre AESH pour donner à son fils "le maximum de chances de pouvoir évoluer dans les meilleures conditions malgré son handicap" mais aussi pour "continuer [sa] vie de femme." D'autres parents ont eux aussi pris la décision d'engager leur propre AESH ce qui représente un coût financier et une charge mentale.

Louise a fait ce choix pour son fils en classe de 4ᵉ. Son AESH privé lui coûte 1 400 euros par mois toutes aides déduites : "Ça nécessite des sacrifices financiers Par exemple, on évite de partir en vacances, nous avons également contracté un prêt pour pouvoir payer l'AESH. Il y a aussi la dimension de charge mentale quand il faut la remplacer", explique-t-elle. Cette solution n'est pas faisable pour tous les parents, seules les académies d'Île-de-France: Paris, Versailles, Créteil ont cette possibilité, le manque d'AESH y étant très présent.

Les AESH privés représente donc une rupture d'égalité entre les parents qui peuvent payer et les autres. Néanmoins, ce problème serait moins grave que de laisser des élèves sans prise en charge pour Stéphanie Valentini, présidente de Cap Handi Cap, une association de parents d'enfants autistes : "Pour les parents qui choisissent de mettre en place des AESH privés, ça libère du personnel pour des enfants dont les parents ne peuvent pas le faire."