Sarkozy en prison avec 7 policiers armés pour lui : les détails d'une protection rapprochée hors du commun
Nicolas Sarkozy, un détenu comme les autres ? À y regarder de plus près, pas vraiment, notamment en se penchant sur le dispositif en charge de sa sécurité depuis le début de son incarcération à la maison de la Santé, à Paris. En effet, l'ex-président de la République est accompagné, en permanence, par deux policiers du service de la protection (SDLP). Des hommes qui seraient armés, selon une information du journal Le Parisien.
Ces deux hommes se relaient toutes les douze heures devant la porte de la cellule de Nicolas Sarkozy, pendant que l'un est en poste, l'autre peut se reposer dans une cellule voisine. Ils n'ont "pas le droit d'emporter leur téléphone portable dans l'enceinte de l'établissement" et n'ont pas le droit, non plus, de disposer des clefs de la cellule de l'ancien chef de l'Etat, précise Le Monde.
"Tous se sont portés volontaires pour cette mission inédite"
Ce n'est pas tout, une autre équipe composée de deux policiers est également mobilisée devant la cellule de Nicolas Sarkozy ou sur "ses lieux d'activité" abonde Le Figaro. Leur rôle est de "mettre en sécurité" le détenu, en cas d'émeutes, d'attaques ou d'attentats. "Affectés à son service, de longue date pour certains, tous se sont portés volontaires pour cette mission inédite", apprend-on. Au total, pas moins de "sept fonctionnaires du service de la protection" se relaient pour assurer la protection de Nicolas Sarkozy, indique Le Monde.
Ce dispositif inédit autour de Nicolas Sarkozy ne plaît pas à tout le monde, c'est le moins que l'on puisse dire. "C'est un bras d'honneur, un crachat, qui est fait au personnel pénitentiaire (...) Si on envoie des gardes du corps à l'intérieur d'un établissement pénitentiaire pour assurer la sécurité d'un ancien président de la République, c'est que quelque part, nous, on ne sait pas faire", fustige le représentant syndical UFAP-UNSA Wilfried Fonck, sur RTL.
"Un dispositif insensé, une folie sécuritaire"
Interrogé par Le Monde, le syndicat déplore "un dispositif insensé, une folie sécuritaire et surtout une humiliation sans précédant pour tout le corps pénitentiaire". Dans un communiqué, celui qui n'est autre que le secrétaire général de l'un des deux principaux syndicats de surveillants ne comprend pas la décision "d'introduire des armes dans une détention, même sous prétexte de protection, c'est franchir une ligne rouge", estime-t-il.
Le syndicat exige "le retrait immédiat de tout ce dispositif dérogatoire". Dans les colonnes du Monde, un cadre de l'administration pénitentiaire semble désabusé et ne parvient pas à trouver de précédent : "à ma connaissance, c'est une première", dit-il. Malgré les vives critiques, "ce dispositif sera maintenu tant que le besoin sera jugé utile", répète le ministère de l'Intérieur.