Base de l'Île longue : les drones abattus prêts des sous-marins nucléaires français sont-ils russes ?

Base de l'Île longue : les drones abattus prêts des sous-marins nucléaires français sont-ils russes ?

Cinq drones ont été repérés au-dessus de la base militaire de l'Île Longue, qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, et abattus par les fusiliers marins dans la soirée du jeudi 4 décembre.

Cinq drones ont été détectés au-dessus de la base militaire de l'Île Longue, dans le Finistère, le jeudi 4 décembre vers 19h30. Les fusiliers marins chargés de protéger la base sous-marine ont effectué des tirs sur les engins aériens a indiqué la gendarmerie. Une enquête a été ouverte et confiée au parquet militaire de Rennes a appris Libération de la préfecture maritime de l'Atlantique. Un dispositif de lutte anti-drones et de recherches a également été mis en place.

Le porte-parole du préfet maritime de l'Atlantique, le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, a indiqué à nos confrères que les drones observés étaient des petits modèles "non armés" et "hors contexte militaire. Le militaire n'a pas précisé l'origine des drones, ni des pilotes à la manœuvre. L'enquête devra faire la lumière sur ce point.

La base de l'Île Longue assure la maintenance des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la dissuasion nucléaire française, dont l'un est toujours en mer. Des équipements hautement stratégiques, mais "les infrastructures sensibles n'ont pas été menacées" par le survol des drones a précisé Guillaume Le Rasle à l'AFP grâce au "dispositif de sécurité [qui] a parfaitement fonctionné". Le capitaine de frégate a ajouté au micro de BFM que la présence des drones avait pour but "d'inquiéter la population".

Les précédentes incursions de drones dans les espaces aériens de pays européens proches de la frontière russe ou dans le nord du continent, notamment sur des sites sensibles comme les aéroports, survenues en septembre et en octobre avaient fait naître des soupçons à l'encontre de la Russie. A l'heure où les autorités françaises, par la voie du chef d'état-major des armées et le président de la République, rappellent la réalité de la menace russe, des soupçons se tournent également vers Moscou. Une présence russe avait déjà été repérée au large des côtes françaises le dimanche 28 septembre et pendant quelques jours avec le stationnement d'un pétrolier appartenant à la flotte fantôme russe au large de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique.

Des précédents survols de drone signalés

Le survol de la base militaire, située au nord de la rade de Brest, par des drones est interdite, mais des incursions ne sont pas rares. Un précédent survol avait été détecté "au-dessus de la presqu'île de Crozon" dans la nuit du 17 au 18 septembre. L'appareil en question ne relevait pas d'une action militaire. Le survol du jeudi 4 décembre a eu lieu dans de très bonnes conditions de luminosité en raison de la pleine lune.

L'Île Longue est constamment protégée par 120 gendarmes maritimes en coordination avec les fusiliers marins, les forces spéciales de la Marine, notamment pour intercepter des vols de drone.