Eliott, tondu dans un foyer : sa mère évoque des menaces qui changent tout à l'affaire
Alors qu'une enquête avait été ouverte pour "violences volontaires sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité" mardi 9 décembre par le parquet de Paris, la mère de l'enfant a porté plainte pour violences volontaires, soit le même chef que l'enquête ouverte par le parquet de Paris, vendredi 12 décembre, indique Franceinfo. En février dernier, dans le foyer Jenner, géré par l’association Jean-Cotxet, dans le 13e arrondissement de Paris, son fils s'est fait raser le crâne par une éducatrice. Les enquêteurs vont désormais entendre tous les éducateurs et enfants du foyer, à commencer par Eliott, le premier concerné. La Défenseure des droits Claire Hédon avait aussi annoncé sur RMC que ses services vont s'auto-saisir du dossier. Elle a jugé cette affaire "absolument épouvantable".
L'éducatrice concernée a été suspendue par l'association gérant le foyer, mais cette procédure intervient très tard. Pour les autres éducateurs, la direction a annoncé que "l'équipe éducative a été largement remaniée". "Au vu des éléments nouveaux, nous entamons des procédures disciplinaires afin que ces professionnels ne soient plus en contact avec des enfants hébergés", a ajouté le foyer éducatif, selon Franceinfo. Le foyer a également fait l'objet d'une inspection administrative qui a commencé le mercredi 10 décembre. En fonction des résultats, la mairie de Paris pourra aller jusqu'au retrait du financement de la structure ou au retrait de l'agrément.
"On m'a menacée", révèle la mère
La maman du petit garçon s'est exprimée pour la première fois, lundi 15 décembre. Dans les colonnes de Franceinfo, elle raconte avoir eu "du mal à le reconnaître", le jour où elle a découvert son fils tondu."Il n’avait même pas un grain de cheveu. C'était un choc pour moi", dit-elle. Ce n'est qu'en septembre, grâce à une éducatrice, qu'elle prend connaissance des vidéos sur lesquelles son fils est tondu et qu'elle découvre les captures d'écran des conversations dans lesquelles les éducateurs se moquent de l'enfant.
"Sur ma route, je croise cette éducatrice qui a essayé d'avoir mes coordonnées. Mais on lui a interdit de me les passer, pour ne pas qu'elle raconte ce que mon fils a subi", raconte la maman d'Eliott. "Pourquoi je n'ai pas porté plainte (tout de suite) ? Parce qu'on m'a menacée", affirme-t-elle. "On m'a dit que si je portais plainte, je ne pourrai plus revoir mes enfants. Qui me l'a dit ? C'est l'ASE", révèle-t-elle.
La mère prévenue ? Elle répond pour la première fois
Le gestionnaire du foyer, l'association Jean Cotxet, a transmis une note au personnel pour donner des explications sur la scène, rapporte BFMTV. Il a assuré que "selon l'équipe éducative, l'accord de la maman avait été recueilli oralement". L'association a aussi avancé que cette éducatrice a justifié une telle initiative en "invoquant la présence de poux résistante aux traitements, dans la chevelure d'un enfant accueilli".
"On m'a dit qu'il avait des poux, le coiffeur n'a pas voulu le prendre et j'ai demandé à voir le coiffeur" pour qu'il raconte ce qui s'est passé. Sauf que personne au foyer ne lui dit, d'après elle, qui est ce coiffeur et où il se trouve, raconte-t-elle dans les colonnes de Franceinfo. De plus, elle l'assure : "Non, je n'ai pas donné mon accord. Il faudra qu'ils me le prouvent", lance-t-elle. "Je n'ai jamais autorisé quelqu'un à raser la tête de mon fils".
Dans cette note, il a aussi été assuré que l'enfant se portait bien. La direction de l'association a reconnu avoir pris connaissance des faits fin mars et de la vidéo en septembre. "En l'état de nos informations, le geste tout à fait inapproprié ne constituait aucunement une sanction d'un comportement qu'il aurait pu avoir", a-t-elle expliqué.
Des images difficiles
La scène a été partagée sur un groupe WhatsApp des éducateurs de ce foyer, déclenchant les moqueries d'une partie d'entre eux. Sur la vidéo, on entend de terribles commentaires : "ça fait grave stylé", lance celle qui rase le jeune garçon. "Ça lui donne plus d'aérodynamisme", surenchérit un autre éducateur. "On va t'appeler double face", ajoute un troisième. D'après les captures d'écran du groupe Whatsapp, le geste a été réalisé contre le gré de l'enfant et sans la moindre approbation des parents concernés. "Vous avez vu avec les parents pour le raser à blanc?", demande une éducatrice. "Non nous avons pris la décision sans consulter personne", répond un second éducateur.
Alors que l'enfant a la moitié du crâne rasé, les plaisanteries pleuvent. Le petit garçon, lui, est prostré sur sa chaise, les bras croisés. "On dirait Aladin!", s'exclame un enfant qui assiste à la scène. Alors, pourquoi l'enfant a-t-il été rasé ? "C'est une sanction", répond celle qui pourrait être l'éducatrice en train de tondre le garçon de 8 ans, selon les informations de France Info. Toujours d'après le média, l'enfant "paye tout simplement le mal-être de certains éducateurs". D'autres s'indignent sur le canal de discussion dédié aux éducateurs : "Si c'est une blague, pour rappel, c'est un groupe WhatsApp professionnel et non un groupe de potes. Si c'est pas une blague, c'est très très grave", peut-on lire sur un autre message.
10:05 - "On m'a dit que si je portais plainte, je ne pourrai plus revoir mes enfants"
La maman du petit garçon s'est exprimée pour la première fois, lundi 15 décembre. Dans les colonnes de Franceinfo, elle raconte avoir eu "du mal à le reconnaître", le jour où elle a découvert son fils tondu."Il n’avait même pas un grain de cheveu. C'était un choc pour moi", dit-elle. Ce n'est qu'en septembre, grâce à une éducatrice, qu'elle prend connaissance des vidéos sur lesquelles son fils est tondu et qu'elle découvre les captures d'écran des conversations dans lesquelles les éducateurs se moquent de l'enfant. "Sur ma route, je croise cette éducatrice qui a essayé d'avoir mes coordonnées. Mais on lui a interdit de me les passer, pour ne pas qu'elle raconte ce que mon fils a subi", raconte la maman d'Eliott. "Pourquoi je n'ai pas porté plainte (tout de suite) ? Parce qu'on m'a menacée", affirme-t-elle. "On m'a dit que si je portais plainte, je ne pourrai plus revoir mes enfants. Qui me l'a dit ? C'est l'ASE", révèle-t-elle.