Mort de Quentin Deranque : Paris convoque l'ambassadeur américain Charles Kushner

Mort de Quentin Deranque : Paris convoque l'ambassadeur américain Charles Kushner Plus d'une semaine après la mort de Quentin Deranque à Lyon, Charles Kushner, ambassadeur américain, va être convoqué par le Quai d'Orsay, selon Jean-Noël Barrot. Les propos de l'administration Trump sur cette affaire sont critiqués par Paris.

Quentin Deranque, un militant nationaliste de 23 ans a été battu à mort jeudi 12 février dernier en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques de Lyon (Rhône) pendant qu'il assurait la sécurité des membres du collectif Némésis venus pour mener une action de contestation.

Selon les informations du Monde, sept jeunes hommes soupçonnés d’avoir participé aux violences ayant entraîné la mort de Quentin Deranque ont été mis en examen, dans le cadre de l’instruction judiciaire ouverte pour homicide volontaire et complicité, violences aggravées et association de malfaiteurs, jeudi 19 février. Six d'entre eux l'ont été pour "homicide volontaire" et Jacques-Elie Favrot, l’assistant du député LFI Raphaël Arnault, pour "complicité". Il reste toutefois "plusieurs personnes à identifier", a précise le procureur de la République de Lyon.

Une marche en hommage à Quentin Deranque a été organisée le samedi 21 février à Lyon. Plus de 3 000 personnes étaient présentes à ce rendez-vous. La préfecture du Rhône a annoncé son intention de saisir la justice après ce rassemblement. Des saluts nazis ainsi que insultes racistes et homophobes ont été signalés. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé, dimanche 22 février, la convocation de l'ambassadeur américain Charles Kushner, en poste à Paris, à la suite des propos tenus par l'administration Trump en réaction à la mort de Quentin Deranque. 

Ce que l'on sait de sa mort

Désormais, de nouvelles vidéos montrent les minutes qui ont précédé le drame et les affrontements violents. France Télévisions a isolé les actions de trois individus impliqués dans la mort du militant nationalise de 23 ans, Quentin Deranque. Sur les images, on distingue clairement deux camps : l'ultra droite en noir et l'ultra gauche en gris et vert. Bombe lacrymogène, béquille, fumigène... Différents projectiles sont utilisés par l'ultra droite. Face à eux, trois opposants principaux sont identifiés, ceux qui "seront impliqués dans la suite des violences".

Cinquante mètres plus loin, l'un d'entre eux accompagné d'une "quinzaine de militants d'ultra gauche passent à tabac trois militants d'ultra droite". Quentin Deranque fait partie des hommes ciblés. Un membre de l'ultra droite lui donne "un coup de pied à la tête", rapporte France Télévisions. Un deuxième homme, frappe ensuite Quentin Deranque "très violemment à la tête", apprend-on. Enfin, un troisième individu non masqué mais "très actif dans l'affrontement" semble désigner un meneur par sa gestuelle. Il paraît "inciter ses camarades à fuir" avant que la vidéo ne s'arrête.

Tous "contestent l'intention" de tuer

Le chef retenu contre Jacques-Elie Favrot confirme qu’il "n’a pas donné de coups directs susceptibles d’avoir causé le décès", a réagi son avocat, Me Bertrand Sayn. De son côté, un autre proche du parlementaire insoumis - Adrian B. - qui travaillait dans l’équipe du député jusqu’à quelques jours avant les faits, a lui été mis en examen pour homicide volontaire et écroué a expliqué à l’AFP son avocat, Me Benoît Courtin. Tous "contestent l’intention" de tuer, a ajouté le magistrat.

En outre, six des mis en examen ont été placés en détention provisoire. Le septième a été placé sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de participer à des manifestations ainsi que d’une mesure d’éloignement du territoire de la ville de Lyon. Deux des suspects ont des antécédents judiciaires : l’un pour vol et port d’arme, l’autre pour violence et usage de stupéfiants lorsqu’il était mineur. Un troisième est sous le coup d’un contrôle judiciaire, dans le cadre d’une information judiciaire en cours à Paris pour des violences aggravées en raison de la race, de l’ethnie ou la religion.

Désormais, l'enquête va devoir déterminer qui sont les auteurs du "coup fatal" ou des coups qui ont causé la mort du militant identitaire de 23 ans Quentin Deranque. Cette semaine, le procureur de la République de Lyon précisait que l'autopsie du corps de Quentin Deranque avait permis de déterminer qu'il présentait "des lésions à la tête, un traumatisme crânio-encéphalique majeur et mortel à brève échéance".

Jacques-Elie Favrot a reconnu pendant sa garde à vue avoir porté des coups lors des différentes scènes de violences. Il a aussi admis avoir participé à l’attaque qui a visé Quentin Deranque et trois militants identitaires isolés, mais estime qu’il n'est pas l’auteur des coups les plus violents susceptibles d'avoir causé la mort de Quentin Deranque. "Il n’a pas voulu la mort de Quentin. Il regrette terriblement. Il est dévasté par ce drame", a déclaré au Monde son avocat.

"Pour l'instant, on ne s'est occupé que des faits qui ont entrainé la mort" de Quentin Deranque "mais les juges d'instruction sont saisis de l'ensemble des faits", expliquait le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, jeudi 19 février. "L'information judiciaire sera assez longue", a-t-il prédit. Les magistrats veulent "comprendre ce qu’il s’est passé bien avant, pendant, et même après", conclut-il.