Les serpents sont de plus en plus cannibales, pourquoi mâles et femelles se mangent entre eux, même en France
Le serpent fait partie des grandes phobies animales. Une dizaine d'espèces différentes vivent en France, un vrai pays de serpents. "Il y a des endroits dans toute la France où il y a des populations locales abondantes d'espèces variées", nous a confirmé le biologiste Xavier Glaudas. L'une de celles qu'il a étudiée avec son équipe est la couleuvre de Montpellier. Elle peut mesurer entre 1,5 et 1,7 mètre pour les mâles et 1 et 1,3 mètre pour les femelles. C'est une espèce active de mars à octobre, avec une période de reproduction au printemps. Si elle possède du venin, il y a très peu de chances de se faire mordre.
Elle se nourrit principalement de petits lézards et de petits mammifères, mais ce n'est pas tout. Il lui arrive de manger ses congénères et donc de se livrer au cannibalisme. L'équipe de Xavier Glaudas s'est penchée sur trois cas observés chez des couleuvres de Montpellier mâles qui se nourrissaient de femelles. Trois mâles adultes se sont adonnés à un tel comportement dans le Var et le Vaucluse, alors qu'habituellement, ce sont plutôt les femelles qui consomment les mâles, notamment pendant et après l'accouplement. Ce comportement très rare peut être surprenant car cela réduit les chances de trouver une partenaire potentielle et donc de reproduction.

"Le comportement que l'on décrit dans notre article est un peu spécial, puisqu'il implique des mâles se nourrissant de femelles. Cela dit, on peut s'attendre à du cannibalisme chez les animaux et on le trouve un peu partout dans le monde animal. La réponse la plus simple est que ces individus cannibales ont un besoin de nourriture qui les poussent à dévorer même des conspécifiques", nous a expliqué le spécialiste.
Il peut donc s'agir d'un mécanisme de survie, provoqué par le manque de nourriture à disposition. La couleuvre de Montpellier est en plus peu active de novembre à mars et ce comportement, observé début avril dans l'un des cas, peut être le résultat de faim accrue après un jeûne prolongé. Ils évoquent aussi un potentiel syndrome comportemental lié à la voracité de ce prédateur opportuniste et euryphage, soit pouvant se nourrir de proies très variées. Cela peut aussi découler d'une compétition intraspécifique pour les ressources, comme la nourriture, l'eau et les refuges.
Selon une autre étude plus récente, dans laquelle 500 rapports de comportements cannibales chez différentes espèces de serpents ont été examinés, les chercheurs ont avancé que le cannibalisme était courant et revenait fréquemment, voire de plus en plus. Cela semble notamment lié au manque d'autres sources de nourriture. C'est donc une réponse aux conditions environnementales et alimentaires.