La salle de bal de Trump est pleine de défauts, des architectes pointent de très gros ratés
Un projet largement remis en cause. Devenue un élément central de la Maison-Blanche au fil du temps, la salle de bal devrait bénéficier d'un sacré lifting sur demande de Donald Trump. Pourtant, des architectes alertent sur le calendrier précipité du projet, qui a laissé selon eux de graves défauts de conception. Le projet, qui est décortiqué dans un article du New York Times publié le dimanche 29 mars 2026, doit être soumis à un vote fédéral crucial ce jeudi.
En effet, il reviendra à la Commission nationale de planification de la capitale (NCPC) de se prononcer définitivement sur l'agrandissement de l'aile est de la Maison-Blanche, d'une superficie de 8 360 mètres carrés. Lancé officiellement en août 2025, ce projet d'agrandissement de la salle de bal fait face aux vives critiques de plusieurs experts. David Scott Parker, architecte et membre du conseil d'administration du National Trust for Historic Preservation, la qualifie d'"ingérence entre deux pouvoirs de notre gouvernement", dans les colonnes de Newsweek.
"Je pense que le message qu'il essaie de faire passer est un message de pouvoir, de richesse et d'excès. Mais cela paraît de mauvais goût", estime de son côté le décorateur d'intérieur et influenceur new-yorkais, Tommy Landen. À l'inverse, dans les arcanes du pouvoir, on se félicite du projet. "Le président Trump est le meilleur constructeur et promoteur immobilier au monde, et le peuple américain peut être rassuré : ce projet est entre ses mains", a déclaré Davis Ingle, porte-parole de la Maison-Blanche.

Mais pour le New York Times, cette salle de bal XXL présente des défauts majeurs de conception. L'analyse architecturale effectuée par le journal pointe plusieurs anomalies. Tout d'abord, la salle de bal, dont le volume est plus de trois fois supérieur à celui de l'aile ouest, domine visuellement le complexe lorsqu'on l'observe depuis le sud. Un portique orienté au sud, plus grand que celui de la résidence de la Maison-Blanche, a été qualifié par l'architecte du projet, Shalom Baranes, de "plus ornemental que fonctionnel" et ne comporte aucune porte donnant sur la salle de bal. Convenons que ce n'est pas très pratique.
Trump's ballroom has countless design flaws. New York Times does a deep dive...https://t.co/NqaxYLwh3x pic.twitter.com/zXVZ7GUOGB
— Molly Ploofkins (@Mollyploofkins) March 29, 2026
De plus, les colonnes du portique obstruent la vue sur l'intérieur et la lumière naturelle. De fausses fenêtres sur le mur nord - le plus visible pour les visiteurs - dissimulent une rangée de toilettes. L'extension "perturbe" l'allée historique de la Maison-Blanche, imaginée par Frederick Law Olmsted, et obstrue même la perspective souhaitée par Pierre Charles L'Enfant - architecte français qui est à l'origine de la construction de la ville de Washington - entre la Maison-Blanche et le Capitole.
Enfin, toujours d'après le quotidien américain, la salle de bal est "surdimensionnée" pour 1 500 invités, en se basant sur les normes du secteur. Bien qu'elle ait été conçue pour 1 000 personnes, ses dimensions hors normes pourraient donner l'impression d'une salle vide lors d'évènements plus modestes avec moins de convives. Si le vote de la NCPC devrait lever le dernier obstacle réglementaire au projet de Donald Trump ce jeudi, les travaux, eux, ont bel et bien débuté. Ils sont en cours depuis six mois, sans que le président des Etats-Unis ne dispose du feu vert définitif des autorités.