Trump peut attaquer l'Iran : un arsenal surpuissant envoyé pour faire pression sur le nucléaire
Après avoir ouvertement menacé l'Iran, Donald Trump met une nouvelle fois la pression sur le régime de Téhéran. Rappelant avoir un "groupe aéronaval" militaire en route vers l'Iran, le président américain a dit espérer "ne pas devoir utiliser cette force" devant la presse américaine dans la soirée du jeudi 29 janvier. Un discours aux airs d'ultimatum censé pousser Téhéran à la conclusion d'un accord sur le nucléaire iranien, plus précisément l'arrêt de tout programme nucléaire en Iran.
"Le temps est compté" assurait déjà Donald Trump le mercredi 28 juin sur Truth Social, lorsqu'il annonçait qu'"une immense armada se dirige vers l'Iran" avec "puissance, enthousiasme et détermination". La flotte en question, menée "par le porte-avions Abraham Lincoln", "est plus importante que celle envoyée au Venezuela" a insisté le président américain.
Le chef d'Etat a d'ailleurs prolongé la comparaison indiquant que Téhéran pourrait connaître le même sort que Caracas lors de l'enlèvement du président Nicolas Maduro par les Américains le 3 janvier. "Comme pour le Venezuela, [cette flotte] est prête à accomplir sa mission rapidement, avec violence si nécessaire. Espérons que l'Iran acceptera rapidement de négocier un accord juste et équitable – sans armes nucléaires – qui soit bénéfique pour toutes les parties", a insisté Donald Trump. Faute de coopération, Washington n'hésitera pas à intervenir et cette intervention sera "bien pire" que celle de juin 2025, a-t-il ajouté.
Frégates, sous-marins et porte-avions
Difficile de savoir précisément de quoi est composée la fameuse armada de Donald Trump. Une chose est sûre, le président l'a lui-même confirmé ce mercredi, le porte-avions américain Abraham Lincoln en fait partie. Il s'agit d'un bateau d'environ 100 000 tonnes, long de quelque 300 mètres, sur lequel sont embarqués plus de 80 avions capables de partir en mission de renseignement, mais aussi de bombarder s'il le faut infrastructures et cibles humaines, rapporte BFMTV. D'après Le Figaro, parmi les avions, il y aurait le Carrier Air Wing 9, qui n'est autre qu'une escadre aérienne de la marine. Elle se compose de F-35C, d'avions de guerre électronique EA-18G Growler ou encore de chasseurs F/A-18E Super Hornet et d'avions de surveillance Hawkeye.
À noter que l'Abraham Lincoln s'est récemment positionné dans le golfe Persique, non loin de l'Iran. Selon la chaîne d'information en continu, il est accompagné de plusieurs frégates ou navires de guerre et de deux sous-marins qui assurent sa défense, mais peuvent aussi être amenés à frapper. Le Figaro rapporte la présence d'au moins trois destroyers : USS Spruance (DDG-111), USS Michael Murphy (DDG-112) et USS Frank E. Petersen Jr. (DDG-121). Une véritable armada donc. Elle coûterait tout de même, selon le professeur de géopolitique Michel Fayard interrogé par BFMTV, environ 300 millions de dollars… par jour.
Avant le message de Donald Trump ce mercredi, l'Iran avait rejeté l'idée de négocier avec les Américains. Téhéran arguait que ceux-ci devaient d'abord "cesser les menaces, les demandes excessives", avant que puisse être envisagé quoi que ce soit. "Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace, ni utile", pointait Téhéran.
Une riposte promise par l'Iran
Les menaces américaines ont suscité une vive réaction iranienne. Téhéran a promis une riposte "instantanée" et "écrasante" sur le porte-avions et les bases américaines en cas d'attaque. "Nous devons nous préparer à la guerre", a déclaré le vice-président iranien Mohammad Reza Aref. Le chef de l'armée Amir Hatami a déjà annoncé avoir doté les régiments de combat de 1 000 drones.
L'Iran, qui doit faire face aux menaces de Donald Trump, essuie également de nouvelles sanctions européennes après que les 27 pays membres de l'Union européenne se sont mis d'accord pour qualifier les Gardiens de la Révolution, bras armé de la République islamique d'Iran, d'"organisation terroriste". Une décision considérée comme une "erreur stratégique majeure" par l'Iran. Mais si l'Europe a pris de nouvelles mesures, elle n'a pas soutenu les menaces américaines estimant que le Moyen Orient n'a pas besoin d'une "nouvelle guerre".