Jean-Luc Mélenchon : début d'alliance à gauche, peut-il être Premier ministre ?

"Jean-Luc Mélenchon : début d'alliance à gauche, peut-il être Premier ministre ?"

Jean-Luc Mélenchon : début d'alliance à gauche, peut-il être Premier ministre ? MELENCHON. Alors que LFI et EELV sont parvenus à un accord en vue des élections législatives, Jean-Luc Mélenchon pourrait-il décrocher le poste de Premier ministre ?

"Mélenchon Premier ministre" : l'affiche de campagne de La France insoumise pour les élections législatives n'est pas passée inaperçue. Un message clair inscrit avec, en fond, le visage de Jean-Luc Mélenchon, un signal clair sur le projet porté par le parti après son échec à la présidentielle. Mais pour y parvenir, le député des Bouches-du-Rhône et ses lieutenants doivent se retrousser les manches. Car isolée, difficile d'imaginer LFI obtenir une majorité de sièges à l'Assemblée nationale. La tentative avortée d'union en vue du premier tour de la présidentielle n'a pas été oubliée et les rivalités semblent être mises sous le tapis. Car l'ambition d'une "Union populaire" portée par Jean-Luc Mélenchon en vue d'imposer une cohabitation à Emmanuel Macron prend un peu d'épaisseur. Dans la nuit du 1er au 2 mai 2022, LFI et EELV ont en effet conclu un accord pour les élections législatives. Après des discussions d'ordre programmatiques, les deux partis ont entériné l'attribution de 100 circonscriptions aux écologistes sans candidat concurrent insoumis, en échange de quoi ils porteront la candidature de Jean-Luc Mélenchon en tant que chef de gouvernement si LFI et EELV obtiennent la majorité à l'Assemblée nationale.

Pour ce faire, Jean-Luc Mélenchon doit encore travailler pour rassembler derrière lui et convaincre le Parti socialiste et le Parti communiste de rejoindre l'alliance. Le tribun parviendra-t-il à convaincre ces familles politiques historiques, minées pour leur part en interne par des réticences de vieux briscards évoquant un franchissement du Rubicon si les dirigeants venaient à toper dans la main du troisième de la dernière présidentielle ? Ce "pré-troisième tour" apparaît déjà très intense, mais surtout décisif pour la gauche.

Jean-Luc Mélenchon vise le poste de Premier ministre

C'est le discours martelé par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise depuis la défaite du parti au soir du premier tour de l'élection présidentielle : oeuvrer pour mieux préparer le "troisième tour", à savoir les élections législatives, en ne permettant pas à Emmanuel Macron de disposer d'une majorité de députés à l'Assemblée nationale mais en offrant plus de la moitié des sièges à des élus estampillés de l'Union populaire. Mais l'ambition de l'ancien ministre de l'Enseignement professionnel est-elle réalisable ? Sur le papier, oui. Si LFI et ses alliés remportent les élections législatives, Emmanuel Macron sera contraint de nommer un Premier ministre issu du groupe majoritaire au palais Bourbon. Mais dans les faits ? 

Dans le cadre d'une grande alliance réunissant, en plus d'EELV, le PCF et le PS, l'Union populaire de la France insoumise pourrait recueillir environ un tiers des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives, à en croire deux sondages réalisés par Harris Interactive et Cluster 17, fin avril (depuis, il n'y en n'a pas eu d'autre). Cependant, selon les projections des sièges obtenus liés aux intentions de vote, Harris Interactive mise sur 50 à 100 sièges maximum. Il ne s'agit là que d'une tendance, amenée à évoluer au fil des semaines. Or, pour obtenir la majorité à l'Assemblée nationale, il faut décrocher 289 sièges. Le chemin vers Matignon s'annonce encore très long pour Jean-Luc Mélenchon. 

Une Union populaire portée par LFI pour les législatives ?

"Là ce n'est pas un trou de souris, il y a une porte qui est là, vous la prenez ou vous choisissez l'autre" a lancé Jean-Luc Mélenchon dans son interview pour BFM TV le 19 avril, s'adressant ici à ses adversaires du premier tour. Dès l'entre-deux-tours, l'Insoumis s'était en effet concentré sur des négociations en vue d'une alliance pour les législatives. Ses interlocuteurs ? Les partis déchus EELV, le PCF et le NPA, enjoignant "tous ceux qui veulent rejoindre l'Union populaire à se joindre à nous pour cette belle bataille". Il avait essayé d'interpeller le NPA de Philippe Poutou qui, bien qu'ayant obtenu un score inférieur à 1% au premier tour, tente d'infuser ses idées dans la vie politique française depuis 2012. Il s'était également adressé au candidat centriste Jean Lassalle, dont les 3,13% de voix obtenus au premier tour pourraient être utile à l'alliance. 

Depuis le premier tour de l'élection présidentielle et leur position hégémonique obtenue à gauche, les Insoumis ont proposé une union autour de leur programme et du mouvement de L'Union populaire aux autres forces politiques. Leurs conditions : plus d'attaques envers leur mouvement et leur chef de file et une répartition des sièges de députés au prorata des résultats obtenus par chaque formation politique lors du premier tour de la présidentielle. Après EELV, le Parti socialiste et le Parti communiste entreront-ils, eux aussi, dans la danse ?

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