Messe en hommage à Pétain à Verdun : l'événement a eu lieu, le préfet va porter plainte
La polémique autour de la messe en hommage au maréchal Pétain organisée à Verdun est loin d'être terminée. L'événement a bien eu lieu, ce samedi 15 novembre. Il a accueilli "une quinzaine de personnes", selon Samuel Hazard, le maire de la commune. "Cela me dégoûte", a confié l'édile, au micro de BFMTV, ce samedi. Il voulait faire annuler cet hommage, organisé par une association qui veut réhabiliter Philippe Pétain.
Mais la justice administrative a finalement suspendu l'exécution de l'arrêté. "Cette messe, organisée par l'association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, a été interdite par le maire de Verdun en raison de risques graves de troubles à l'ordre public", note ainsi l'ordonnance du juge des référés de Nancy, consultée ce 14 novembre par BFMTV.
Or, selon ce même juge, "ces risques de troubles à l'ordre public [ne sont] pas établis par la commune". Outre la suspension de son arrêté, la ville de Verdun a également été condamnée à payer à l'association 1 000 euros au titre des frais de justice. Le préfet de la Meuse a indiqué, ce samedi, qu'il allait porter plainte contre des "propos révisionnistes" tenus en marge de l'événement.
Une cérémonie "sous couvert de culte" ?
Dans la région, l'organisation de cette messe suscitait la polémique. Pour le Consistoire lorrain, cet hommage n'est rien d'autre qu'une "blessure pour tous les membres de la communauté juive dont les proches furent assassinés dans les camps de la mort". Maire Divers gauche de Verdun, Samuel Hazard a même tenté de faire intervenir Beauvau dans ce dossier. Dans un courrier envoyé au ministre de l'Intérieur et des Cultes, il déplore une "cérémonie, sous couvert de culte, [qui] s'apparente en réalité à une manifestation politique visant à réhabiliter une figure condamnée de l'Histoire".
Mais pour l'association, interdire cette cérémonie est considéré comme une "atteinte aux libertés fondamentales". De plus, elle pointe que l'événement se tient chaque année depuis 1951 sans que cela n'ait jusqu'ici fait polémique. Un membre de l'association a déclaré samedi, face à des journalistes, que Philippe Pétain avait été "le premier résistant de France". Des propos dénoncés par le préfet de la Meuse, qui va donc porter plainte.