"Nous aurions tort d'être faibles" : Emmanuel Macron fixe "trois réponses" à la menace russe

"Nous aurions tort d'être faibles" : Emmanuel Macron fixe "trois réponses" à la menace russe Emmanuel Macron a confirmé les risques que fait peser la menace russe sur la France ce mardi 25 novembre. Troupe en Ukraine, renforcement de la défense, service militaire... Il a précisé la réponse à donner au Kremlin.

"Nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus". Emmanuel Macron a donné le ton dans une interview accordée à RTL ce mardi 25 novembre. Alors que sa parole est rare depuis plusieurs mois, le président de la République a évoqué la situation française face à la menace russe.

Après la récente mise en garde du chef d'etat-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, sur le risque de voir éclater une guerre entre la Russie et l'Europe, le chef de l'Etat a confirmé la réalité de la menace. Il a même indiqué que différentes agressions avaient déjà eu lieu : "Vous voyez bien que, ces derniers années, on est monté d'un cran dans la conflictualité et la confrontation avec la Russie : la Russie a lancé une guerre d'agression terrestre, massive, sur le sol européen ; elle a lancé des guerres hybrides sur le sol de l'Union européenne ; elle a multiplié les incursions dans les espaces aériens de plusieurs pays ; elle mène des attaques cyber et informationnelles tous les jours, y compris en France", a énuméré Emmanuel Macron.

Des cyberattaques et une guerre d'influence auxquelles s'ajoutent des actions physiques qui ont été menées en France ces derniers mois et dont la justice s'est saisie a ajouté le président de la République. "Il est établi qu'en prenant des proxys et en payant des mercenaires, la Russie a poussé des gens à faire des actions de déstabilisation dans notre pays, notamment des actions antisémites ou antimusulmans", a-t-il précisé. Le président de la République en arrive donc à la conclusion que "la Russie mène une confrontation stratégique hybride avec les Européens" et avec la France.

Un engagement fort et des troupes en Ukraine

Une menace russe qui appelle à une réponse forte estime Emmanuel Macron. Une réponse qui veut surtout dissuasive pour le moment et qui doit passer, en partie, par l'engagement de la France aux côtés de l'Ukraine. "Si nous sommes faibles en Ukraine, [...] nous donnons un signal de faiblesse à la Russie qui a fait le choix stratégique de redevenir une puissance impériale, c'est-à-dire d'avancer partout où on est faible", explique le chef de l'Etat. Une façon de sous-entendre qu'au moindre signe de fébrilité, le Kremlin tenterait de gagner du terrain en Europe. D'autant plus que la Russie a adopté "une posture beaucoup plus agressive et a accru sa défense et sa capacité à agir" analyse-t-il. La Russie "a toute une batterie d'équipements et nous sommes à portée de ces équipements. Voilà la réalité de la menace. Nous aurions tort d'être faibles face à cette menace", insiste Emmanuel Macro au micro de RTL.

C'est pourquoi Emmanuel Macron a reprécisé l'engagement de l'Europe auprès de l'Ukraine via la "Coalition des volontaires" et l'envoi de "forces de réassurance". Il précise que ces dernières se tiendront "loin de la zone de front, dans des sites de repli à Kiev ou à Odessa par exemple". Là-bas, "il y a des soldats français, britanniques, turcs qui, le jour où la paix sera signée, seront là pour procéder à des entraînements, des sécurisations". "Jamais nous n'avons prévue d'être sur la zone de front", a-t-il souligné.

Le renforcement de l'armée française

La réponse française doit aussi se traduire par un renforcement de la défense nationale. Lequel est prévu avec l'augmentation du budget de la défense de plus de 6 milliards d'euros inscrite dans le projet de loi finances actuellement débattu au Parlement. Mais Emmanuel Macron juge aussi nécessaire de "renforcer la pacte armée-Nation" : "Au moment de la guerre hyrique, il est très important qu'un maximum de nos compatriotes comprennent ce que sont nos armées, comment elles fonctionnent, qu'ils participent à la réserve et que nous raffermissions la Nation", a déclaré le Président. Un objectif en vue duquel le gouvernement prévoit "plusieurs initiatives, dont celle de la transformation du service national universel dans une nouvelle forme", a-t-il annoncé confirmant la présentation à venir d'un possible service militaire volontaire. Il a promis des précisions dans les jours à venir et une prise de parole est attendue pour le jeudi 27 novembre.

Un service militaire nationale en liant avec la menace russe ?

L'évocation du nouveau service national universel se faisant après la mention de l'envoi de "forces de réassurance", Emmanuel Macron a tenu à "supprimer toute idée qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine". "Ce n'est pas du tout le sens de cette affaire", a-t-il assuré.

La mobilisation des Français, notamment des jeunes Français, fait également échos aux propos du chef d'état-major des armées qui a appelé la population à "accepter de perdre nos enfants" dans l'hypothèse d'une guerre à venir. Si le général Fabien Mandon et la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ont clarifié ces propos, Emmanuel Macron a regretté que le discours du militaire soit "déformé" et "sorti de leur contexte". Il soutient encore une fois qu'il n'est pas question d'envoyer de civils au front. "Il y a pour tout soldat de la nation un pacte. Et le soldat qui s'engage fait sacrifice. Mais il ne faut pas expliquer à tous les Français qu'on va les sacrifier. Ça n'a aucun sens", a tranché le président de la République.