Rachida Dati contrainte à la démission ? Le gouvernement réagit aux perquisitions
Rachida Dati dans la tourmente. La ministre de la Culture a été perquisitionnée jeudi 18 décembre à ses domiciles, son ministère ainsi qu'à sa mairie d'arrondissement (VIIe arrondissement de Paris). Selon des informations du Nouvel Obs et de France Télévision, confirmées par BFMTV, elles ont été menées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 14 octobre par le Parquet national financier. La ministre est soupçonnée de "corruption active et passive", "trafic d'influence", "détournement de fonds publics", "recel" et "blanchiment de ces délits en lien avec l'exercice du mandat de parlementaire européen".
Ce vendredi 19 décembre, le gouvernement a réagi aux perquisitions de la veille menée chez la ministre, écartant très clairement une potentielle démission de la ministre. La porte-parole du gouvernement ne souhaite pas voir Rachida Dati, touchée par une nouvelle enquête pour corruption. Rachida Dati "a toute sa place au ministère de la Culture" et "évidemment toute sa place au gouvernement", a déclaré Maud Bregeon au micro de RTL, saluant le "travail remarquable" de sa collègue. "Il n'y a donc pas de sujet", lance la porte-parole de l'exécutif. "Rachida Dati a toujours clamé son innocence et Rachida Dati est évidemment présumée innocente", poursuit-elle.
Alors qu'elle était élue au Parlement européen, Rachida Dati aurait perçu deux virements de 149 500 euros en honoraires pour GDF Suez, soit une somme totale de 299 000 euros. Mais voilà, elle n'en aurait pas déclaré la provenance à Bruxelles. Ces opérations financières auraient été menées grâce à un cabinet d'avocats avec qui elle travaillait. Rachida Dati nie avoir travaillé avec GDF Suez.
Un lien avec une autre affaire de corruption
Mais la maire du VIIe arrondissement de Paris n'en est pas à sa première enquête pour corruption. Elle doit être jugée, avec Carlos Ghosn (ancien patron de Renault-Nissan), du 16 au 28 septembre pour une affaire similaire. C'est dans le cadre de cette enquête que des preuves auraient été trouvées concernant l'affaire avec GDF Suez. Des notes manuscrites " GDF 250 " et " Renault 300 " ont été retrouvées dans un cahier, ce qui correspondrait aux sommes reçues par Rachida Dati.
Dans ce même cahier, on retrouve aussi "GDF Suez et Areva sont concurrents, revoir contrat dernière page", toujours écrit à la main. Elle s'est déjà justifiée en assurant que c'étaient des erreurs de sa secrétaire. Des erreurs qui semblent pourtant coïncider avec des mentions dans les livres de comptes du cabinet d'avocat : "Dati Honoraire GDF Suez." Pour le moment, il ne s'agit que de soupçons et l'enquête est en cours. Elle est menée par l'Office central de la lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.