Pourquoi le futur porte-avions français est décrit comme un "monstre flottant"
10,2 milliards d'euros. C'est le prix que représente la construction du tout nouveau porte-avions français voué à remplacer le Charles-de-Gaulle. "Conformément aux deux dernières lois de programmation militaire, et après un examen complet et minutieux, j'ai décidé de doter la France d'un nouveau porte-avions", a annoncé Emmanuel Macron en déplacement aux Emirats arabes unis sur une base militaire française.
Lors de son discours, le président de la République a fait savoir qu'il se rendrait sur le chantier de ce projet au mois de février, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), selon les informations de BFMTV. Aucune indication sur le nom de ce futur porte-avions n'a été révélée. La construction d'un nouveau porte-avions était dans les cartons depuis plusieurs années, évoquée notamment en 2023 par Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, rappelle Fanceinfo. Il devrait entrer en service en 2038 et on en sait davantage sur ses caractéristiques démesurées qui font de cette "cathédrale de technologie", un véritable "monstre flottant", comme le disait déjà en 2023 le désormais locataire de Matignon.
78 000 tonnes et 30 Rafale Marine à bord
Le futur porte-avions devrait être plus long et plus large que le Charles de Gaulle. "Ce nouveau porte-avions sera l'illustration de la puissance de notre nation (...) Nous devons être forts pour être craints", a affirmé Emmanuel Macron ce dimanche. Et ce chantier titanesque va directement profiter à l'économie française. En effet, il va "directement irriguer notre économie et les 800 fournisseurs, dont 80 % sont des PME impliquées dans la construction", a-t-il détaillé.
Quelques chiffres parlants permettent de mettre en perspective l'importance de la construction d'un tel outil. Le nouveau porte-avions pèsera 78 000 tonnes, et mesurera environ 310 mètres de long, contre 42 000 tonnes pour 261 mètres pour le Charles-de-Gaulle. Il pourra naviguer à 27 nœuds, avec un équipage de 2 000 marins, et pourra embarquer 30 avions de combat. Ce nouveau monstre pourra emporter à bord des Rafales F5, nouvelle version connectée de l'avion. Il sera également capable d'embarquer "six hélicoptères, deux à trois avons de guet, une trentaine de Rafale Marine, des drones de surveillance, de ravitaillement et même de combat", d'après les informations du journal Le Monde.
Un tout nouveau système de catapulte surpuissant
Deux ascenseurs vont acheminer les avions ou hélicoptères vers les ateliers du bord, permettant une maintenance au totale autonomie. Le porte-avions présentera une autonomie énergétique de 10 ans, contre 7,5 ans pour son prédécesseur. Toujours selon Le Monde, ce nouveau porte-avions sera le seul à propulsion nucléaire au monde (comme le Charles-de-Gaulle), avec ceux des Etats-Unis.
Aussi, de nouvelles technologies américaines comme la catapulte à système électromagnétique (de type "Emals") vont être installées, de manière à "catapulter jusqu'à 40 tonnes", explique Nicolas Vaujour, chef d'état-major de la Marine, lors d'une audition par le Sénat. "Le porte-avions représente 14 000 emplois, 90 % d'investissement dans nos territoires, des entreprises partout en France, les lingots d'acier destinés aux chaudières nucléaires dans le Puy-de-Dôme, les pompes nucléaires primaires à Maubeuge, la conversion énergie vapeur à Annecy", précise-t-il. Preuve de son impact sur l'économie tricolore dans les années à venir.