Il envoie 4528 fois 0,01 euro à son ex par virement, elle porte plainte : 18 mois de prison sont requis

Il envoie 4528 fois 0,01 euro à son ex par virement, elle porte plainte : 18 mois de prison sont requis 4 528 virements de 0,01 euro pour ne pas perdre le contact. C'est la méthode invraisemblable employée par un Belge de 51 ans pour contourner le blocage numérique de son ex-compagne.

L'amour peut mener à des extrémités déconcertantes, mais pour un habitant de Saint-Trond, en Belgique, l'obsession a pris une forme bancaire inédite. Jugé mercredi 18 février devant le tribunal correctionnel de Hasselt, cet homme de 51 ans risque gros, relate HBVL

Lorsque la rupture a sonné le glas de leur relation, le prévenu n'a pas accepté le silence. Bloqué sur tous les canaux de communication traditionnels par son ancienne compagne, il a imaginé un stratagème pour continuer à lui adresser des messages : le virement bancaire. Au total, l'homme a effectué 4 528 virements de 0,01 euro. Chaque transaction était accompagnée d'un court message dans l'espace réservé aux communications. À raison de 120 messages par jour, cette offensive numérique a fini par devenir un calvaire pour la victime.

Pourtant, le dossier révèle une dynamique de couple particulièrement destructrice. Selon les informations de HBVL, c'est d'abord la plaignante qui aurait envoyé pas moins de 11 500 messages à son ex-compagnon avant de le bloquer brutalement. L'accusé soutient que ses virements n'étaient qu'une réponse à cette "provocation" initiale.

Son avocat, Me Rogier Engelbosch, plaide la volonté de "clore une relation toxique" mutuelle. Il a d'ailleurs fustigé l'absence de la plaignante à l'audience, y voyant un signe de mauvaise foi : "Elle lui a également envoyé des messages et a tenté de l'appeler. Parfois jusqu'à dix fois en une seule minute", a-t-il rappelé pour nuancer la responsabilité de son client.

© 123RF

Ces arguments n'ont pas semblé fléchir la position du ministère public. Le procureur, frappé par l'énergie déployée pour ce harcèlement, a interrogé le prévenu : "Comment pouvez-vous concilier cela avec votre travail ? Combien de temps et d'énergie y consacrez-vous ?".

Plus inquiétant pour la défense, l'homme n'en est pas à son coup d'essai. Déjà condamné par le passé pour des faits similaires après d'autres ruptures, il semble éprouver des difficultés chroniques à "tourner la page". Face à ce profil de récidiviste, le procureur a requis une peine sévère : 18 mois de prison ferme et une amende de 800 euros, le tout avec sursis. Le dénouement de cette affaire, symptomatique des dérives du harcèlement numérique, est attendu pour le 18 mars prochain, date du délibéré.