Elle fouille dans les comptes de ses amis et voisins : une salariée licenciée pour avoir espionné 170 clients

Elle fouille dans les comptes de ses amis et voisins : une salariée licenciée pour avoir espionné 170 clients Cette banquière profitait de son poste pour espionner les comptes des membres de sa famille, de proches et de voisins.

Un banquier peut-il tout savoir de vos opérations bancaires et de vos dépenses ? Pas toujours... Le dicton le dit clairement : la curiosité est un vilain défaut et la justice est apparemment d'accord. Elle a même validé le licenciement d'un salarié visiblement trop curieux. Une grande banque a tout d'abord commencé par avoir des soupçons sur le comportement d'une de ses employées. Celle-ci, expérimentée, exerçait la double casquette de conseillère bancaire et responsable d'agence, étant la seule salariée présente dans une petite agence rurale.

Une enquête interne a donc été menée. Elle a montré que cette conseillère bancaire avait accédé sur une période de plusieurs mois aux données bancaires de 170 clients différents, sans lien avec une quelconque opération légitime sur leurs comptes. Parmi ces clients dont elle épiait les finances, se trouvaient des membres de sa famille, des amis, des connaissances ainsi que de nombreux habitants de sa commune.

Ses recherches portaient principalement sur les fiches clients, les listes d'opérations bancaires, les mouvements sur les livrets et comptes ainsi que les transactions par carte bancaire. Dans une moindre mesure, elle avait aussi accédé aux données de domiciliation et aux informations de base sur les prêts des clients. Pour retrouver les comptes qui l'intéressaient, elle effectuait des recherches par nom et prénom, parfois aussi par numéro de téléphone ou numéro de carte d'identité.

L'enquête interne a fini par montrer que parmi ces clients "espionnés", 84 étaient des membres de sa famille ou des personnes de son entourage, et 38 étaient des proches. 121 de ces 170 clients résidaient par ailleurs dans la même ville que la plaignante. Enfin, la banque a établi qu'elle a parfois accédé aux données de 20 clients consécutivement au cours d'une même journée. Loin des activités habituelles d'une conseillère bancaire...

L'employée a d'abord tenté de se justifier auprès de son entreprise en expliquant qu'il était courant qu'elle réponde aux demandes de clients d'autres agences. Elle a ensuite prétendu que certains l'avaient contactée sur son portable personnel pour des renseignements. Confrontée à des incohérences dans ses explications, elle a fini par admettre avoir consulté les comptes de clients de son entourage personnel et de son village par simple "curiosité" et envie de "commérage". La salariée espagnole exerçait dans une agence installée dans une commune de la province de Gérone, à quelques kilomètres de la commune catalane où elle réside. 

Au vu des faits, la banque espagnole CaixaBank a considéré que les actions de son employée constituaient "un manquement contractuel grave et fautif", ainsi qu'un "abus de confiance dans l'exercice de son travail", relaye le site EconomistJurist.es. CaixaBank l'a donc licenciée pour motif disciplinaire, estimant qu'elle avait gravement enfreint les règles de confidentialité auxquelles elle était pourtant formée.

L'employée a ensuite contesté ce licenciement devant la justice, le jugeant disproportionné au regard de ses 23 ans d'ancienneté sans faute. Elle maintenait que ses consultations répondaient à des demandes des clients eux-mêmes. Le tribunal n'a pas été convaincu par ses arguments, loin de là. Confirmant le jugement initial, le Tribunal Supérieur de Catalogne a considéré que "l'action injustifiée" de la directrice d'agence constituait bien "un abus de confiance" et "une transgression de la bonne foi contractuelle" rendant son licenciement légitime. Sa curiosité lui aura donc coûté son poste.