Pourquoi les jeunes de la génération Z seront très bientôt les plus riches de l'Histoire
Les jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 (généralement de 1997 à 2012) forment ce qu'on appelle la "génération Z" et ils sont au centre de l'attention. Insertion professionnelle, état mental, vie de couple, désir d'enfant... La génération Z est particulièrement étudiée.
Incapable aujourd'hui de se loger décemment avec l'augmentation des prix, cette génération deviendra pourtant la plus riche de l'histoire selon les projections d'économistes.
Un paradoxe alors que dans les grandes villes françaises, un jeune percevant un salaire médian a perdu 25 mètres carrés de pouvoir d'achat immobilier en vingt-cinq ans. Ce constat pousserait même 21% des 18-34 ans à renoncer à avoir un enfant faute de logement approprié, révélait en janvier dernier un sondage Odoxa pour Nexity.
Les difficultés de cette génération sont criantes, en Europe comme aux Etats-Unis. Selon Bank of America, les jeunes américains de la génération Z dépensent près du double de ce qu'ils épargnent. Plus de la moitié d'entre eux (52%) déclarent ne pas gagner suffisamment pour mener la vie qu'ils souhaitent. Paradoxalement, outre-Atlantique comme ici, et malgré des niveaux d'éducation records avec des diplômes d'études supérieures pour une grande partie d'entre eux, leur situation professionnelle reste précaire.

Pourtant, un bouleversement majeur se profile. A l'echelle mondiale, la génération Z, qui ne pesait que 9 000 milliards de dollars en 2023, devrait accumuler 36 000 milliards de dollars de revenus d'ici cinq ans. "Non seulement ce groupe devrait être la plus grande part de la population mondiale au cours des 10 prochaines années avec environ 30%, mais leurs revenus devraient également augmenter de manière fulgurante", précise Bank of America. Les projections pour 2040 sont encore plus vertigineuses : 74 000 milliards de dollars.
Cette transformation spectaculaire s'explique par un phénomène économique: le "Great Wealth Transfer", c'est à dire le "grand transfert de richesse". "Dans les années à venir, nous verrons un stupéfiant transfert de richesse de 90 000 milliards de dollars entre générations", explique Kamilah Williams-Kemp de Northwestern Mutual. Les baby-boomers et la génération X légueront ainsi au total des sommes colossales aux générations suivantes.
Cette manne pourrait leur permettre de surmonter un obstacle important, celui de l'apport initial pour un prêt et d'accéder enfin à la propriété. Ces projections comportent néanmoins des limites majeures. Aux Etats-Unis, 38% de la génération Z compte sur un héritage pour améliorer sa situation, mais seulement 22% des baby-boomers et de la génération X prévoient de leur en laisser un !
Surtout, ces chiffres astronomiques à l'échelle mondiale ne signifient pas que chaque jeune deviendra riche. Avec 74 000 milliards de richesse totale cumulée, la génération Z pourrait être plus riche au global mais les inégalités resteront fortes, une grande partie des héritages allant probablement aux jeunes de familles déjà aisées. Ces projections économiques à 2035-2045 restent donc des estimations, pas des garanties. Les héritages massifs des baby-boomers devraient accentuer les inégalités au sein de la génération Z, créant autant (et même sans doute moins) de gagnants que de moins chanceux...