"Ce qui manque au cinéma américain…" : le producteur de "La bataille de Gaulle" compare les blockbusters US aux films français

"Ce qui manque au cinéma américain…" : le producteur de "La bataille de Gaulle" compare les blockbusters US aux films français "La Bataille de Gaulle" est une fresque historique spectaculaire qui n'a rien à envier aux blockbusters américains. L'équipe du film est revenue sur la création du projet en conférence de presse à Cannes.

Il n'y avait pas de blockbuster américain présenté en avant-première au Festival de Cannes cette année, mais une fresque historique française spectaculaire : La Bataille de Gaulle : l'âge de fer, premier volet d'un diptyque consacré à la résistance, était le grand film épique (et d'époque) présenté sur la Croisette cette année. La réalisation d'Antonin Baudry impressionne par son ampleur, tout comme la reconstitution des scènes de bataille et des scènes de résistance des étudiants parisiens, ainsi que son portrait inattendu du Général de Gaulle, déterminé à continuer de se battre pour la France après l'armistice de 1940. Au casting, on retrouve des figures du cinéma français, comme Simon Abkarian, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, ou encore Mathieu Kassovitz et Niels Schneider.

En conférence de presse, ce jeudi 21 mai 2026, l'équipe du film est revenue sur ce projet titanesque (un budget colossal, des visages très connus, des décors et costumes impressionnants...), encore trop rare dans le cinéma français. Antonin Baudry avoue avoir voulu "mener quelque chose qui allait ressembler à une odyssée, long et ambitieux, avec beaucoup d'obstacles, mais potentiellement en faire quelque chose d'important", après d avoir lu un livre revenant sur la figure de Charles de Gaulle, écrit par Julian Jackson (également consultant du projet).

© Malgosia Abramowska

Le producteur Ardavan Safaee l'admet : les deux volets étaient des "films tellement importants mais difficiles à faire, avec la volonté dès le départ d'avoir une qualité et une ambition populaire autour du film", sans en faire un biopic. Ce dernier estime d'ailleurs que ce défi est justement "ce qui manque au cinéma américain aujourd'hui : faire des paris. C'est le rôle des studios de faire parfois des paris qui peuvent être fous au départ, mais qui se révèle être des grandes oeuvres de cinéma. L'histoire du cinéma en est remplie".

De son côté, le réalisateur Antonin Baudry renchérit : "Je crois qu'on ne devrait pas, nous Français, se priver", malgré l'ambition et les moyens que demandent certains projets de cinéma. Je ne crois pas qu'il faudrait s'auto-censurer, on doit écrire nos propres histoires, nos propres rêves, sans se donner des contraintes. Mais ça vient aussi du public et des médias. Je pense qu'on devrait continuer à ne pas se limiter, en France, en Europe, partout."

Mais des productions d'ampleur, comme La Bataille de Gaulle, restent de véritables risques au cinéma, qui restent difficiles à monter : "Ce qui nous manque aujourd'hui sur ces films, c'est notre capacité à mieux les exporter et les montrer à l'étranger, c'est plus difficile qu'avant. Mais on y croit." Le premier volet de La Bataille de Gaulle : l'âge de fer sort au cinéma le 3 juin 2026. La suite, La Bataille de Gaulle : j'écris ton nom, sera à découvrir un mois plus tard, le 3 juillet.