SFR : que vont devenir les 20 millions d'abonnés ? L'offre de rachat toujours sur la table

SFR : que vont devenir les 20 millions d'abonnés ? L'offre de rachat toujours sur la table

L'offre de rachat opérée par les opérateurs Bouygues Telecom, Free et Orange a rapidement été étudiée par SFR. Le sort des 20 millions d'abonnés reste toutefois en suspens.

L'offre de rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange n'aura pas tenu très longtemps. Présentée mardi 14 octobre 2025 au soir par les trois opérateurs, elle a rapidement été étudiée par la maison mère de SFR, avant que la direction du groupe Altice France fasse savoir dans la matinée que la proposition avait été "immédiatement rejetée". Dans la soirée ce mercredi, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange ont affirmé avoir "pris note de la décision du Groupe Altice de rejeter leur offre conjointe", mais ont décidé de la maintenir, souhaitant "créer un dialogue constructif" avec l'entreprise et ses actionnaires "pour envisager ensemble la manière dont ce projet pourrait prospérer".

À la surprise générale, Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange avaient décidé de s'allier pour racheter ensemble SFR, annonçaient-ils dans leur communiqué mardi soir. Pourtant rivaux historiques sur le marché des télécommunications, c'est main dans la main que les concurrents avaient remis officiellement une proposition de rachat de la majorité des activités télécoms de SFR. Offre qui portait sur "un montant total de 17 milliards d'euros de valeur d'entreprise pour les actifs" du groupe Altice en France, dont la totalité est estimée à plus de 21 milliards d'euros. Les opérations en Outre-mer, comme les filiales Intelcia ou XP Fibre, ne faisaient pas partie de cette offre commune et non engageante.

SFR, opérateur en difficulté

Offre, refus, puis maintien de l'offre... La situation de SFR et des 20 millions d'abonnés à l'opérateur reste donc en suspens. En août dernier, la justice française validait un plan de sauvegarde pour le groupe Altice France, responsable de SFR. Ce plan visait notamment à restructurer l'entreprise et faire un bilan de sa santé financière alors que le groupe est empêtré dans différentes dettes à rembourser d'ici quelques années. En août dernier, les différents grands opérateurs que sont Bouygues, Free et Orange se déclaraient prêt à entamer des discussions afin de présenter une offre à SFR. Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, estimait également que la restructuration de la dette de l'entreprise était une "condition préliminaire" à une consolidation du secteur.

La restructuration et les plans de sauvegarde de SFR n'ont cependant "aucun impact sur les activités de l'entreprise" rappelait le groupe Altice il y a quelques mois. Les offres commerciales de l'opérateur ainsi que les emplois et partenariats sont bel et bien toujours préservés.

Les clients de SFR devaient migrer vers Bouygues, Free et Orange

L'offre de rachat de SFR par Bouygues, Free et Orange étant écartée à ce stade, les abonnés SFR restent donc dans le giron de la marque au carré rouge jusqu'à nouvel ordre, mais l'avenir reste encore flou quant à leur situation et à évolution de leur forfait. Dans le plan de rachat présenté le 14 octobre au soir par ses trois principaux concurrents, une répartition des actifs de SFR entre les trois acteurs a bien été évoquée et prévoyait que 43% iraient à Bouygues Telecom, 30% à Free et 27% à Orange.

Dans le détail, les activités B2B (entreprises) devaient être partagées entre Bouygues, principalement, et Free. Le B2C (grand public) devait être divisé entre les trois opérateurs tout comme les infrastructures et fréquences, à l'exception du réseau mobile en zones non denses qui devait revenir à Bouygues Telecom. Les clients de SFR devaient ainsi migrer vers les abonnements Bouygues, Free et Orange après une période de transition. L'offre ne donnait pas plus détail en revanche sur cette migration de la clientèle de SFR et sur quels critères elle pourrait être établie. Le trio assurait laconiquement vouloir préserver la continuité du service, tout en investissant "dans la résilience des réseaux, la cybersécurité et l'intelligence artificielle"...