Les nouvelles caméras des supermarchés verront tout : voici les gestes qui vous fichent comme un voleur potentiel
120 milliards d'euros. C'est le montant perdu chaque année par les commerçants du monde entier à cause du vol à l'étalage. En France, la marchandise volée représente entre 1 et 4% du chiffre d'affaires des commerçants des centres villes, selon le député Paul Midy. Pour enrailler ce qu'il décrit comme un "fléau national" le député du groupe Ensemble pour la République propose de doter les caméras de surveillance des commerces de nouveaux pouvoirs.
Son idée ? Leur permettre de détecter automatiquement les "comportements suspects" dans les magasins grâce à de nouveaux outils numériques. "Un vol de 20 euros de marchandises, commis quatre fois par semaine, peut entraîner une perte de plus de 4 000 euros par an", justifie Paul Midy dans sa proposition de loi. Pour combattre ces vols, le député souhaite permettre l'installation de logiciels d'analyse vidéo, liés à l'intelligence artificielle, capables de prévenir en direct le commerçant sur un comportement estimé suspect.
Alors, quels comportements seraient reconnus comme un vol à l'étalage potentiel par l'IA ? "Concrètement, si quelqu'un regarde à gauche et à droite, puis met des bouteilles dans sa veste, le commerçant recevra un signal attirant son attention sur ce comportement", illustre L'Essonnien. Le commerçant devra ensuite constater l'infraction lui-même pour pouvoir agir.
En effet, il est bien sûr impossible de laisser les pleins pouvoirs aux seules caméras de surveillance boostées à l'intelligence artificielle. Si le commerçant ne constate pas le vol par lui-même, les caméras ne seront pas suffisantes pour poursuivre officiellement un individu. Les outils "ne produisent aucun autre résultat et ne peuvent fonder, par eux-mêmes, aucune décision individuelle ni aucun acte de poursuite", confirme ainsi le texte.
Les clients des commerces qui choisiront de s'équiper avec ce nouvel outil devront bien évidemment être prévenus de toute utilisation. "Le public est préalablement informé, par tout moyen approprié, de l'emploi de traitements algorithmiques sur les images collectées au moyen de systèmes de vidéoprotection", mentionne le proposition de loi. "Il ne pourra pas y avoir de reconnaissance faciale, de croisement avec d'autres fichiers, pas d'apprentissage de l'algorithme, pas de biométrie et l'IA ne regardera pas la couleur de peau ni l'habillement des individus", assure également Paul Midy, interrogé par LCP.
Déjà adoptée à l'Assemblée Nationale par 60 voix contre 13 mi-février 2026, cette proposition de loi autorise l'essai de la surveillance algorithmique dans les commerces jusqu'à fin 2027.
