La pollution de l'air liée à un risque accru de maladie de Charcot ?
Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking a vécu avec la maladie de Charcot pendant plus de 50 ans. Un exploit, puisqu'elle provoque une paralysie progressive des muscles, jusqu'au décès en seulement 3 à 5 ans après le diagnostic. Il n'y a hélas pas de traitement et on ne connait pas encore bien les causes de cette maladie neurodégénérative.
Environ 10 % des cas sont génétiques, et le reste sont d'origine inconnue. Plusieurs facteurs de risque sont suspectés, mais ne sont pas encore confirmés : le tabac, le sport de haut niveau (notamment le football et le rugby)... et des causes environnementales. Il pourrait s'agir des pesticides, de la pollution de l'air, ou encore de substances neurotoxiques. Une étude publiée dans le JAMA Neurology apporte justement des preuves en ce sens.

Les niveaux de pollution de l'air ont été examinés au domicile de 1 500 personnes atteintes de sclérose latérale amyotrophique (l'autre nom de la maladie de Charcot) ainsi que près de 9 000 autres personnes pour comparer. L'exposition était mesurée à long terme, jusqu'à dix ans avant le diagnostic. Les chercheurs ont constaté que l'exposition à long terme à une pollution de l'air, même à des niveaux bas, était associée à une augmentation du risque de développer la maladie, de l'ordre de 20 à 30 %.
Mais ce n'est pas tout : les chercheurs ont aussi suivi l'état de santé des personnes atteintes de la maladie de Charcot, et l'ont comparé avec leur niveau d'exposition à la pollution chez eux. Ils ont constaté que l'exposition à long terme à la pollution de l'air était associé à une plus grande probabilité d'avoir une progression plus rapide de la maladie, et une mortalité plus élevée.
Les auteurs de l'étude publiée le 20 janvier 2026 rappellent dans The Conversation que "la pollution de l'air a été de manière constante associée à des maladies pulmonaires chroniques, à une réduction de la fonction pulmonaire et à des infections, tous des facteurs associés à de moins bons résultats chez les personnes atteintes de SLA". D'autres études doivent encore être menées pour préciser les facteurs de risque de cette maladie particulièrement dramatique. Aujourd'hui, il est considéré que "la survenue de la maladie serait multifactorielle, soumise à l'influence de la génétique et de l'environnement", précise l'Inserm.