Mort de Daniel Balavoine : ce qui n'avait pas encore été dit sur sa disparition
Le 14 janvier 1986 reste gravé dans la mémoire collective française comme l'un des jours les plus sombres de l'histoire de la chanson. Ce soir-là, en plein désert malien, un hélicoptère blanc s'écrasait dans les dunes, emportant avec lui cinq personnes : le pilote François-Xavier Bagnoud, la journaliste du Journal du dimanche Nathalie Odent, le technicien radio de RTL Jean-Paul Le Fur, le créateur du Paris-Dakar Thierry Sabine et l'interprète de L'Aziza, Daniel Balavoine. Le chanteur avait 33 ans.
Quarante ans après la mort de Daniel Balavoine, la télévision française rend hommage à cet artiste fougueux dont la carrière fulgurante a marqué toute une génération. Plusieurs programmes lui sont consacrés cette semaine, dont Les derniers jours de Daniel Balavoine, qui revient sur les circonstances de cette tragédie mercredi 14 janvier, à 20h40, sur LCP. Réalisé par Pierre Fauque et Anne Amado, ce documentaire de 2006 retrace les circonstances de l'accident, avec des éléments qui n'étaient pas encore connus à l'époque.
Comment est mort Daniel Balavoine ?
Ce 14 janvier 1986, la 14e étape du Paris-Dakar relie Niamey à Gourma-Rharous, soit 843 kilomètres à travers le Sahel. Daniel Balavoine n'est pas là en tant que concurrent – il avait participé au rallye comme pilote en 1983 et 1985 – mais pour une mission humanitaire. L'opération "Pompes à eau pour l'Afrique" mobilise toute son énergie. Il négocie avec les autorités maliennes pour débloquer des camions de l'organisation Paris du Cœur, immobilisés à la frontière.
La matinée se passe à Gao, où le chanteur et Thierry Sabine rencontrent le gouverneur. L'après-midi, ils donnent le coup d'envoi d'un match de football organisé en marge de la course. La cérémonie s'éternise. Lorsque l'hélicoptère décolle enfin vers 16 heures en direction du bivouac de Gourma-Rharous, situé à 250 kilomètres, les conditions météorologiques commencent à se dégrader.
Le vent de sable se lève. La nuit tombe rapidement en cette période de l'année. Vers 18 heures, l'appareil se pose une première fois à Gossi. Malgré les bourrasques, l'équipage décide de repartir. L'hélicoptère n'est pas équipé pour le vol de nuit. Le pilote tente d'atterrir vingt-deux kilomètres avant la destination prévue. Mais volant en rase-mottes, balayé par les rafales, l'engin désorienté heurte par trois fois le sommet d'une dune avec l'avant de ses patins. Rapidement déstabilisé, il bascule vers l'avant et se désintègre sur près de 150 mètres après plusieurs loopings. Il est 19h20. Tous les passagers meurent sur le coup.
Qui a laissé sa place à Daniel Balavoine dans l'hélicoptère avant l'accident ?
C'est un concurrent, Charles Belvèze, qui donne l'alerte. Alors qu'il roule dans sa Mitsubishi, il aperçoit un hélicoptère tous feux éteints qui semble se guider sur ses phares. Puis plus rien. Un bruit sourd. Une équipe de secours remonte la piste et découvre les débris de l'appareil à une dizaine de kilomètres.
Parmi les révélations qui entourent ce drame, l'une d'elles a resurgi récemment. Jean-Luc Roy, journaliste spécialisé dans les sports mécaniques, devait être à bord de l'hélicoptère ce soir-là. Il a raconté comment il a cédé sa place au chanteur : "Nous nous sommes croisés avec Daniel. Il m'a demandé si cela ne me dérangeait pas de prendre ma place dans l'hélico. On échange encore quelques mots et je referme la porte… " On dira aussi que Daniel Balavoine est monté dans un hélicoptère à la place du journaliste de France Télévisions Patrick Chêne...
Plus étonnant encore, le photographe et écologiste Yann Arthus-Bertrand a livré un témoignage bouleversant sur le plateau de l'émission C à vous en octobre 2025 : " J'étais le photographe de Thierry Sabine sur le Paris-Dakar. Et un jour, Thierry me demande : 'Est-ce que tu ne pourrais pas donner ta place au chanteur ?', comme il l'appelait. On se connaissait bien, il était très impliqué, c'était quelqu'un d'extrêmement humain et formidable. Et donc, il s'est tué dans l'hélicoptère… à ma place. "
La mort de Daniel Balavoine : des décennies de rumeurs
La confusion règne donc toujours sur les circonstances exactes du décès. La mort brutale de Daniel Balavoine a alimenté pendant des années les théories les plus diverses. Un livre-enquête de Jean Pernin, intitulé Daniel Balavoine, un meurtre déguisé ?, sorti en 2015, a notamment jeté le trouble sur la version officielle de l'accident. L'auteur y évoquait des traces d'explosif retrouvées sur la queue du rotor arrière de l'appareil, la présence supposée d'une voiture de tueurs sur les lieux du drame, un "ami traître" et même un mensonge sur la date réelle de l'accident.
Certains voyaient dans la mort de Daniel Balavoine un intérêt politique à faire disparaître un chanteur engagé qui n'hésitait pas à interpeller François Mitterrand en direct à la télévision. D'autres rumeurs ont pu évoquer un trafic d'armes dans lequel l'équipage aurait été impliqué malgré lui. La présence de seringues retrouvées lors de l'enquête a également nourri les spéculations.
La version de Guy Balavoine : ce que le frère de Daniel Balavoine n'avait jamais dit
Dans les colonnes de Paris Match, en décembre 2025, Guy Balavoine, le frère aîné du chanteur, a tenu à rétablir la vérité, 40 ans après, en livrant sa version des fats. Il décrit d'abord l'annonce du décès de Daniel Balavoine comme un "coup de massue", avant de balayer méthodiquement les rumeurs : "On a dit que c'était lié à un trafic d'armes, mais c'est faux", commence-t-il dans l'hebdomadaire.
Quant aux seringues qui ont tant fait parler, leur présence s'explique simplement selon lui : "Elles prouvent simplement qu'il y a eu un problème médical pour l'un des passagers et qu'il a fallu redécoller alors qu'il faisait nuit". Pas de complot, pas d'assassinat déguisé, simplement une manœuvre risquée, dans des conditions météo extrêmes, qui s'est soldée par un drame terrible.