Il y a tellement de touristes au mètre carré que ce pays a décidé de les taxer au maximum
Partout dans le monde, les destinations les plus prisées doivent faire face un afflux de visiteurs tellement important qu'il menace de détruire leur écosystème. Qu'il s'agisse de Venise, de Barcelone ou du Mont-Saint-Michel, la question n'est plus d'attirer le touriste mais plutôt de limiter son invasion... En imposant des taxes ciblées, ces villes cherchent à transformer le surtourisme en une source de financement pour assurer la survie de leur patrimoine.
Le Japon - et plus particulièrement la ville emblématique de Kyoto - est le premier à décider de faire payer la fête aux touristes étrangers, qui ont été plus de 30 millions à fréquenter le pays sur les 9 premiers mois de 2025. Il faut dire que les conséquences du surtourisme y sont visibles de partout, entre les embouteillages sur le mont Fuji, les montagnes de déchets, les infrastructures urbaines submergées et même dans les quartiers du Japon traditionnel comme Higashiyama et Gion - célèbre pour ses geishas - où les touristes forcent les habitants à changer les usages civiques de base...
Dès mars 2026, Kyoto va donc appliquer la taxe la plus élevée jamais vue dans le pays. Le gouvernement a autorisé la ville à facturer jusqu'à 10 000 yens (soit environ 55 euros) par personne et par nuit dans les hôtels de luxe, selon le South China Morning Post. Ce plafond va multiplier littéralement par 10 l'ancienne taxe et doubler les recettes hôtelières municipales, les faisant passer de 5,2 milliards à 12,6 milliards de yens. Le message est clair : les touristes doivent prendre en charge une partie du coût engendré par leur présence, plutôt que de laisser les impôts locaux financer les dégâts.
L'objectif est d'utiliser l'argent des touristes pour investir dans ce qui doit être préservé. Ces taxes sont destinées à renforcer les "points de rupture" du système urbain, ce qui signifie financer des transports publics pour mieux redistribuer les flux, les services multilingues ou encore les campagnes de sensibilisation pour encourager les bonnes pratiques.
Et le Japon n'est pas le seul pays à mener cette bataille : d'autres grandes capitales touristiques s'apprêtent à suivre le mouvement comme Venise en Italie qui teste désormais les droits d'entrée pour les visiteurs à la journée ou les grands parcs nationaux de Yellowstone, Yosemite et le Grand Canyon aux États-Unis qui surtaxent les touristes étrangers ou encore le Machu Picchu au Pérou et Maya Bay en Thaïlande qui plafonnent les entrées.
La leçon est simple : il n'est plus possible de laisser les habitants payer pour les dégâts du surtourisme. Si les touristes ne mettent pas la main à la poche pour entretenir le patrimoine qu'ils viennent voir, il risque de tout simplement disparaître.