Cette île est si spéciale que ses habitants n'en parlent à personne
Loin des métropoles que l'on connaît tous, il existe encore des territoires qui résistent au tourisme de masse. Des morceaux de terre où l'on se rend non pas pour être vus, mais pour disparaître ! Dans un des pays les plus lointains de la planète, une île est jalousement protégée par sa communauté.
Détrompez-vous, cette île ne ressemble pas à un paradis pour riches, mais elle conserve une authenticité typique de ce pays de bout du monde que l'on appelle la Nouvelle-Zélande. Si quelques yachts se comptent parfois au large, l'esprit des lieux reste ancré dans la terre et le sel : on vit en harmonie avec une nature brute.
Ce secret porte un nom : Waiheke, située dans le golfe de Hauraki, une enclave qui échappe aux voyageurs pressés, joignable en ferry en 40 minutes depuis Auckland. Si cette île a réussi à conserver une ambiance néo-zélandaise authentique, c'est parce qu'elle est un condensé parfait de l'âme "Kiwi" : on y voit des artisans bohèmes et des entrepreneurs de la Silicon Valley partager le même banc en bois face à l'océan, unis par ce culte de la simplicité.
C'est une île faite de contrastes, où une table gastronomique chic va côtoyer les chemins de terre battue, où les domaines viticoles sont des jardins ouverts, où l'on peut y déguster un grand cru les pieds dans l'herbe, notamment le Cabernet-Merlot qui fait la renommée du terroir local.
Et la gastronomie ne se limite pas aux assiettes étoilées : on y savoure des huîtres de Te Matuku fraîchement ramassées et des huiles d'olive médaillées produites sur les collines voisines. À Waiheke, le spectacle des grands espaces est saisissant : on y observe des rangées de vignes interminables aboutir à des plages de sable fin, réputées pour leur blancheur comme à Oneroa, Palm Beach ou la spectaculaire Onetangi.
La culture locale est marquée par le "manaakitanga", ce sens de l'accueil maori qui privilégie le partage et le respect de la terre. Les habitants se retrouvent lors d'événements comme le Sculpture on the Gulf, où l'art sauvage s'expose face au Pacifique.
Pour s'imprégner des lieux, rien de mieux que d'explorer les sentiers de randonnée du réseau Te Ara Hura, de 100 kilomètres de long tout autour de l'île de Waiheke, qui serpentent entre forêt primaire et criques désertes, ou de s'essayer au kayak à la rencontre des raies. Entre les forêts de Pohutukawas aux fleurs rouges éclatantes (un arbre sacré pour les Maoris) et les falaises déchiquetées, on découvre des galeries d'art nichées dans des hangars en tôle et des marchés bio où le troc est encore pratiqué.
Waiheke n'est donc pas seulement une destination, mais un état d'esprit que l'on adopte. Ses habitants ont compris l'essentiel : de pouvoir s'offrir le luxe du temps et de la discrétion. Et l'on comprend enfin pourquoi personne ne veut partager le secret !