Découverte d'exoplanètes : photos et exploration 3D des sept planètes dévoilées

DÉCOUVERTE D'EXOPLANÈTES - La Nasa révèle que des astronomes ont découvert sept planètes de la taille de la Terre autour d'une petite étoile. C'est désormais la manifestation d'une vie extraterrestre que recherchent les scientifiques.

[Mis à jour le 23 février 2017 à 23h07] Elles pourraient abriter la vie. La découverte de sept exoplanètes à quelque 40 années-lumière de la Terre, soit à une distance raisonnable à l'échelle de l'univers, par le Liégeois Michaël Gillon et ses collègues astronomes à de quoi fasciner. Elle représente en effet un nouvel espoir de découvrir une vie extra-terrestre. Présentées mercredi depuis le centre de la Nasa, ces sept exoplanètes tournent autour d'une étoile, tout comme la planète bleue le fait avec le Soleil. Parmi les quelque 3 449 exoplanètes découvertes et listées à ce jour, c'est la toute première fois que l'on en découvre un si grand nombre dans un même système solaire. Gravitant autour de l'étoile naine désormais baptisée TRAPPIST-1, trois d'entre elles (TRAPPIST-1e, f et g, les exoplanètes étant désignées par des lettres) pourraient, de par leur situation, abriter des océans et par la même occasion, la vie. Le télescope spatial Spitzer de la Nasa est à l'origine de cette révélation.

Une équipe internationale, dirigée par l'astronome belge Michaël Gillon de l'Université de Liège, avait déjà découvert fin 2015 trois de ces planètes à partir du petit télescope TRAPPIST de l'ESO (Observatoire européen austral) basé au Chili. L'étoile, comme les planètes, ont été nommées en hommage à cette première découverte. "Cette découverte d'exoplanètes pourrait être un élément important dans le casse-tête visant à trouver des environnements habitables, des lieux propices à la vie", a déclaré Thomas Zurbuchen, de la Direction des missions scientifiques de la Nasa, lors d'une conférence de presse hier. "Répondre à la question 'sommes nous seuls' est une priorité scientifique majeure et trouver autant de planètes comme celles-ci pour la première fois dans une zone habitable est un pas remarquable vers cet objectif", a-t-il ajouté. "Nous disposons désormais de la bonne cible" pour rechercher la présence de vie éventuelle sur des exoplanètes, a ajouté Amaury Triaud, de l'Université de Cambridge, coauteur de l'étude diffusée par la Nasa hier soir.

A quoi ressemblent ces exoplanètes ?

Les détails de cette découverte d'exoplanètes ont été publiés par ailleurs dans la revue Nature. Et les descriptions de ces lieux ont de quoi susciter l'enthousiasme. Ces sept planètes pourraient en effet toutes avoir de l'eau liquide - clé de la vie telle que nous la connaissons - dans de bonnes conditions atmosphériques, mais les chances sont plus élevées dans les trois planètes situées dans la zone habitable et identifiées par les lettres e, f et g. Contrairement à notre soleil, l'étoile TRAPPIST-1 - classée comme une étoile naine - permettrait en effet à l'eau liquide de subsister, même dans des planètes qui lui sont relativement proches. Toutes les planètes TRAPPIST-1 sont susceptibles d'être rocheuses. D'autres observations aideront bientôt à déterminer si elles sont riches en eau.

L'étude présente les diamètres, masses et distances des planètes de TRAPPIST-1  par rapport à leur étoile mère. La masse de la septième et dernière exoplanète découverte, la plus éloignée de l'étoile, n'a pas encore été estimée. Les scientifiques pensent qu'il pourrait s'agir d'un monde glacé, ressemblant à une boule de neige, mais d'autres observations sont nécessaires. Reste que les sept orbites planétaires autour de TRAPPIST-1 sont plus proches de leur étoile que Mercure par rapport à notre soleil. Les planètes sont également très proches les unes des autres, à tel point qu'on pourrait observer à l'oeil nu le relief et même des nuages ​​d'une planète voisine depuis l'une des exoplanètes découvertes.

Les planètes pourraient également être "fermées à leur étoile" écrit la Nasa, ce qui signifie que le même côté de la planète est toujours face à l'étoile, ce qui rend la nuit et le jour perpétuels de part et d'autre d'une exoplanète. De quoi imaginer des modèles météorologiques tout à fait différents de ceux de la Terre, avec des vents forts et des changements de température extrêmes d'un point à un autre d'une même planète.

Images et vues d'artiste des exoplanètes

Alors à quoi peuvent ressembler ces planètes qui pourraient devenir les cousines de notre Terre ? La Nasa a publié sur son site Internet de nombreux visuels permettant d'imaginer le paysage à leur surface. Des images, des vidéos, mais aussi une simulation 3D sont en ligne pour pouvoir explorer au mieux ces lieux potentiellement habitables (aller sur la page dédiée sur le site de la Nasa).

Découverte d'exoplanètes
Trois des sept planètes, situées dans la zone habitable, sont plus susceptibles d'abriter de l'eau liquide. © NASA/JPL-Caltech
Découverte d'exoplanètes : photos
Cette vue d'artiste nous permet d'imaginer la surface de l'exoplanète TRAPPIST-1f, située dans le système TRAPPIST-1 dans la constellation du Verseau. © NASA/JPL-Caltech
Une comparaison du système TRAPPIST-1 avec notre système solaire. Les orbites les plus proches de l'étoile TRAPPIST-1 rappellent Jupiter et son système de lunes en orbite. © NASA/JPL-Caltech
Découverte d'exoplanètes
Le système TRAPPIST-1 se compose de sept planètes de la taille de la Terre en orbite autour d'une étoile naine rouge. © NASA/JPL-Caltech
Découverte d'exoplanètes
Ce concept d'artiste montre à quoi peut ressembler le système planétaire TRAPPIST-1, à partir des données disponibles sur les diamètres, les masses et les distances des planètes à partir de l'étoile hôte. © NASA/JPL-Caltech

Les découvertes ne sont pas terminées sur les exoplanètes

L'équipe de Hubble et le télescope Kepler de la Nasa étudient également le système TRAPPIST-1, en mesurant notamment les minuscules variations de luminosité de l'étoile en raison des planètes en transit. Des observations permettront aux astronomes d'affiner les caractéristiques des planètes et de rechercher d'éventuelles autres planètes dans le système. Le prochain télescope spatial James Webb, qui sera lancé en 2018, sera en mesure de détecter d'éventuelles empreintes chimiques d'eau, de méthane, d'oxygène, d'ozone, ou d'autres composants de l'atmosphère d'une planète. Webb analysera également les températures des planètes et les pressions de surface - facteurs clés pour évaluer leur habitabilité.

Une exoplanète est une planète qui ne fait pas partie du système solaire. Il existe aujourd'hui près de 1,8 million d'exoplanètes détectées dans l'univers par les astronomes, la première, Pégase 51, ayant été découverte en 1995. Une exoplanète potentiellement habitable avait déjà été découverte en avril 2014 par la Nasa. Elle a été baptisée Kepler-186f. Sur cette planète aussi, on estime que de l'eau pourrait exister à l'état liquide. Sa taille serait comparable à cette de la Terre.

On entend par planète située en "zone habitable" une planète qui dispose d'une taille et d'une position idéales par rapport à leur étoile pour que la vie puisse s'y développer dans les mêmes conditions que la Terre. La distance pour qu'il ne fasse ni trop chaud, ni trop froid, et donc pour que l'eau puisse exister à l'état liquide, dépend de la taille de l'étoile elle-même. Dans notre système solaire, la "zone habitable" est située entre Venus et Mars, soit entre 110 et 230 millions de kilomètres du soleil (la Terre étant à 150 millions de kilomètres de l'astre). Mais TRAPPIST-1 étant beaucoup plus petit et beaucoup moins puissant que le soleil (0,05% de la luminosité du soleil), les planètes jugées "habitables" sont beaucoup plus proches de leur étoile.

Bientôt des preuves de la vie extraterrestre ?

C'est bien entendu la grande avancée que le monde scientifique dans son ensemble attend avec une incroyable impatience. Mais cette révolution heuristique n'est pas pour l'immédiat. Il faudra bien sûr attendre d'importantes avancées technologiques pour parvenir à s'assurer que ce système solaire contient de la vie. Pour l'heure, la Nasa va se focaliser sur l'étude de l'atmosphère des planètes, ce qui prendra du temps et ne permettra d'établir que des hypothèses. Par ailleurs, le fait que les planètes ne tournent pas sur leur axe, comme le fait la Terre, crée des conditions assez défavorables à l'apparition de la vie. Il faudra donc de très longues années pour établir, dans un premier temps, des indices d'habitabilité...

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Etoile / Nasa

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