Eric Zemmour : "ni candidat, ni pas candidat", le flou maintenu

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"Eric Zemmour : "ni candidat, ni pas candidat", le flou maintenu"

Eric Zemmour : "ni candidat, ni pas candidat", le flou maintenu ZEMMOUR. Eric Zemmour entretient toujours le mystère. Mercredi 15 septembre 2021, l'ancien journaliste était invité sur BFM TV/RMC. Devant Jean-Jacques Bourdin, il n'a rien dévoilé sur sa position en vue de la présidentielle. Il pourrait pourtant recueillir 10% des suffrages.

[Mis à jour le 15 septembre 2021 à 12h59] Le mystère reste entier. Eric Zemmour n'a rien toujours rien dévoilé sur sa position quant à l'élection présidentielle de 2022. Lors d'une interview sur BFMTV/RMC mercredi 15 septembre 2021, le chroniqueur, qui s'est retiré de CNews et du Figaro, a entretenu le flou : "je ne dirai ni que je suis candidat, ni que je ne suis pas candidat." L'ancien journaliste affirme qu'il "ne sai[t] pas si je me lancerai". Pour l'heure, il reste évasif : "je réfléchis, j'observe". Pourtant, un dernier sondage réalisé par Harris Interactive le crédite de 10% des voix au premier tour. Des intentions de vote "qui ne sont pas inintéressant[e]s" et qui témoignent, selon ses dires, d'une "dynamique" autour de "mon discours". "J'ai commencé à 3%", rappelle-t-il. 

La dernière enquête d'opinion montre qu'Eric Zemmour puiserait ses voix dans celles initialement tournées vers Marine Le Pen, contre qui il assure qu'il "n'[a] rien." Pour autant, l'auteur de La France n'a pas dit son dernier mot dresse un constat abrupt sur la candidate du Rassemblement national : "elle sait qu'elle ne peut pas gagner", rappelant le débat d'entre-deux tours en 2017 où "elle a été humiliée et a humilié ses électeurs."

Se voit-il jouer les troubles fêtes entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen alors que "la droite LR, avec les candidats qu'ils ont, ne passera jamais devant Marine Le Pen" ? L'éditorialiste reste évasif mais souhaite "bouleverser cela".  Au cours de l'interview, l'auteur de La France n'a pas dit son dernier mot, âgé de 63 ans, s'est prononcé en faveur du rétablissement de la peine de mort et s'est également exprimé sur la question des prénoms donnés aux enfants, à ses yeux un "marqueur de l'identité", ajoutant sans sourciller : "Vous savez pourquoi les immigrés arabo-musulmans ne donnent pas de prénom français ? Parce que ce sont des prénoms chrétiens. ils veulent persévérer dans leur être islamique."

Zemmour chez Bourdin après Ruquier

Retiré de CNews après l'annonce du CSA de décompter son temps de parole - "accordez-moi que le CSA a inventé une catégorie spéciale pour moi" -, Eric Zemmour enchaîne, depuis, les plateaux et interviews. Après l'émission de Laurent Ruquier ce week-end, une visite dans les studios de RTL mardi matin, c'est donc sur BFM TV et RMC que le polémiste a été interviewé mercredi. Sur l'antenne de RTL ce 14 septembre, l'ancien chroniqueur de "On n'est pas couché" avait répété qu'il souhaitait choisir son moment pour éventuellement se déclarer. "Je ne me suis pas réveillé en me disant que j'allais être président de la République. (...) Je ne fais pas ça pour faire vivre un parti politique et des affidés. Je choisis mon moment. Celui qui gagne la présidentielle, c'est celui qui impose une question (...) Je pense que la question fondamentale qui taraude les Français, c'est l'immigration. Je veux imposer cette interrogation. Candidature ou pas, j'ai déjà réussi. Depuis qu'il y a une rumeur de ma candidature, tout le monde se met à parler comme moi". Le moment d'une annonce n'est donc toujours pas venu.

Malgré les déclarations, l'injonction du CSA pourrait changer la donne et accélérer le calendrier d'Eric Zemmour. Selon des confidences de son entourage au Point, le polémiste est déjà déterminé pour se lancer dans la course à l'Elysée. Selon les informations de France Info, une équipe de campagne se constitue autour de lui. Jean Messiha, ancien proche de Marine Le Pen l'assure : "Il a autour de lui une base militante de plus en plus efficace, des cadres locaux. Il attire à lui beaucoup de gens mais c'est un iceberg qui reste immergé, on ne le voit pas."

Zemmour bientôt candidat à l'élection présidentielle 2022 ?

Le journaliste ne s'en cache pas, il jouera un rôle dans cette campagne présidentielle. Le 28 août, il affirmait sans sourciller qu'il avait "envie" d'unir les droites. Pour l'heure, c'est en tant qu'essayiste qu'il veut aller à "la rencontre des Français". C'est d'ailleurs pour promouvoir son livre, multiplier les séances de dédicaces voire les réunions publiques qu'il avait décidé début septembre de mettre entre parenthèses sa collaboration avec Le Figaro. Le journal lui avait fixé une ligne rouge il y a quelques semaines : si ses velléités politiques étaient trop affirmées, il devrait stopper de commenter l'actualité dans le média.

Invité de France 2 samedi 11 septembre, dans l'émission de Laurent Ruquier "On est en direct", Eric Zemmour s'est semble-t-il fait violence pour ne pas annoncer sa candidature. Il a toutefois laisser entendre que cette annonce n'était qu'une question de temps. "Pour l'instant, je ne suis pas candidat. Quand je voudrai être candidat, je dirai que je suis candidat. Quand je le déciderai, je le dirai. Pour l'instant, je réfléchis. Il y a des gens, depuis des mois, depuis des années, qui me poussent à être candidat, qui pensent que c'est moi qui ai les bonnes idées pour la France", a-t-il indiqué.

Que contient le livre d'Eric Zemmour ?

Le polémiste s'appuie sur la publication d'un nouveau livre, La France n'a pas dit son dernier mot, pour enchainer les apparitions promotionnelles. Dans sa production de 352 pages à paraître jeudi 16 septembre 2021, Eric Zemmour entend "poursuivre le récit des choses vues, des choses tues", cinq ans après Le suicide français.

Au fil des pages, dont Le Figaro a dévoilé plusieurs extraits jeudi 9 septembre, Éric Zemmour retrace divers échanges qu'il a eu, tant avec Claude Guéant que Guillaume Pepy, la responsable des sections féminines lors de la campagne présidentielle de Donald Trump ou encore Emmanuel Macron. Le président de la République l'avait appelé à la suite de l'agression subie par l'ancien journaliste en mai 2020. Les deux hommes ont conversé pendant 45 minutes, Eric Zemmour lui suggérant sa vision de l'immigration : "J'ai un plan si vous voulez, il y a de nombreuses mesures à prendre." Ce à quoi le chef de l'Etat aurait répondu que "ça [l']intéresse", le relançant même avant de raccrocher : "Au fait, votre plan, faites-moi une note. Mon secrétariat vous contactera." Le chroniqueur n'a pas donné suite, le qualifiant plus loin d'un "Hollande en mieux vêtu".  

Dans son livre, Eric Zemmour tire également à boulets rouges sur la Seine-Saint-Denis, parlant du département comme faisant partie des "enclaves étrangères viv[ant] sous le règne d'Allah et des caïds de la drogue." Il précise sa pensée : "Le paysage urbain de la Seine-Saint-Denis est dévasté, les petits commerces traditionnels des villages français ont disparu pour laisser place aux grandes surfaces à l'extérieur des villes, et aux commerces estampillés hallal sans oublier les agences de la Western Union, qui transfèrent le produit des allocations sociales françaises ou des divers trafics vers les familles restées au bled. La plupart des cafés sont réservés aux hommes par une loi non écrite mais appliquée avec rigueur. […] Cette colonisation religieuse entraîne une colonisation visuelle qui entraîne une colonisation des âmes. C'est le but."

Des propos qui n'ont pas été du gout du président du département, Stéphane Troussel (PS). Ce dernier a réagi sur BFM TV vendredi 10 septembre, déplorant une "caricature de son propos sur la Seine-Saint-Denis." "Éditorialiste de la haine, Eric Zemmour est devenu fossoyeur de la République" a lancé l'élu, fustigeant une volonté de "diviser les Français". Mais vu des Etats-Unis, il serait "le Trump français."

Quels sont les résultats des sondages sur Eric Zemmour ?

La présence dans cette campagne du polémiste viendrait rebattre les cartes : les instituts de sondages ont bien identifié le faite que le polémiste prendrait des voix à la droite et à l'extrême droite. Les Républicains, le Rassemblement national et Debout la France perdent tous quelques points en cas de présence d'Eric Zemmour au premier tour de cette élection présidentielle. Le sondage Harris Interactive publié ce 10 septembre, crédite le polémiste de 10% des intentions de vote. Ce sont les autres candidats souverainistes qui pâtissent le plus d'une candidature du chroniqueur (notamment Nicolas Dupont-Aignan qui obtiendrait 2% d'intentions de vote contre 5% sans la candidature d'Éric Zemmour) ainsi que Marine Le Pen (19% contre 22%) (voir tous les sondages sur la présidentielle 2022). Forcément, à la droite de la droite, et plus spécifiquement au RN, l'idée qu'Eric Zemmour puisse affaiblir la campagne de Marine Le Pen agace. D'autant que selon un sondage YouGov pour Linternaute, daté de février, le polémiste est perçu comme un meilleur candidat pour la droite souverainiste par les sympathisants de droite.

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