Sur l'orthographe, des changements arrivent pour les collégiens et les lycéens, c'est radical

Sur l'orthographe, des changements arrivent pour les collégiens et les lycéens, c'est radical Le ministre de l'Education nationale, Édouard Geffray, a publié sa circulaire pour définir les priorités de la rentrée 2026. L'orthographe est au cœur du propos avec des exigences plus élevées.

Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a adressé, ce jeudi 7 mai 2026 au bulletin officiel, sa "circulaire de rentrée 2026" à tous les personnels de l'éducation nationale. Elle définit les priorités de l'année scolaire 2026-2027. Cette rentrée ne "sera pas celle de nouvelles réformes structurelles, mais verra la consolidation des réformes engagées autour du cœur des missions de l'École : instruire et protéger", a-t-il introduit. Les réformes entamées seront ainsi poursuivies, notamment celle autour de l'interdiction de l'utilisation du téléphone portable au lycée : "Pour la première fois, à compter de cette rentrée, nos élèves devraient effectuer une scolarité complète sans téléphone", a-t-il écrit.

Le ministre place surtout en clé de voute l'exigence, avec en première ligne le langage et le raisonnement scientifique. Pour l'acquisition et le développement du raisonnement scientifique, particulièrement à travers les mathématiques, Édouard Geffray met en avant la nécessité de progression sur l'acquisition des automatismes et la résolution de problèmes. Il veut aussi inverser la tendance sur les inégalités entre filles et garçons en la matière : ces dernières, meilleures en CP, accusent ensuite du retard et se tournent moins vers les filières scientifiques.

Pour le langage, il s'agit de travailler en priorité sur "la lecture, l'écriture et la diversification du champ lexical" tout au long de la scolarité élémentaire. Dans le second degré, l'écrit est aussi capital car "la maîtrise du langage conditionne la compréhension du monde, la sérénité du rapport à l'autre et l'autonomie de la pensée". Dictée, écriture d'invention... Tous les types d'exercices doivent être exploités, sauf un peut-être les "textes à trous" qui sont "à proscrire" pour que l'élève formule une pensée complète. "Si la traditionnelle dictée a toute sa place, j'estime qu'elle ne doit pas être l'alpha et l'oméga de l'écriture en France. Je crois beaucoup à l'écriture d'invention, de quelques lignes en CE1 jusqu'à plusieurs pages au lycée", a-t-il précisé dans un entretien auprès du Figaro publié ce 7 mai.

Un point d'orgue est donné à l'orthographe. Dès ce mois de juin 2026, les épreuves du brevet et du bac "prennent en compte, dans l'attribution de la note, la qualité rédactionnelle : orthographe, syntaxe, grammaire, clarté de la langue et lisibilité du propos", avait explicité le ministre fin mars. Ainsi, une note inférieure pourra être appliquée par les correcteurs pour "toute copie dont la lecture sera jugée incompréhensible". 

"Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac. Ce serait leur mentir sur leur niveau", a de nouveau insisté Édouard Geffray, dans son entretien au Figaro. "Ne pas maîtriser" l'orthographe "ferme des portes", c'est pourquoi "elle doit être une priorité, comme la grammaire et la syntaxe qui participent à la structuration de la langue et de la pensée", a-t-il ajouté. L'inspection générale serait même en train de travailler sur un barème lié à la qualité rédactionnelle pour toutes les épreuves, "y compris les disciplines scientifiques, où l'orthographe n'était pas considérée comme prioritaire", précise-t-il. "Si un raisonnement mathématique est juste mais mal rédigé, l'élève n'aura pas 20 sur 20", le message est clair !