Le tombeau de Jésus pourrait s'y trouver : les archéologues s'interrogent sur un jardin vieux de 2 000 ans sous une église
Où est enterré Jésus Christ ? Si son existence a été prouvée historiquement, le lieu de sa sépulture n'a pas été confirmé. Dans l'Evangile selon Jean, il est écrit qu'"à l'endroit où Jésus fut crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un tombeau neuf, où personne n'avait encore été déposé. Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus". Le site de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem est aujourd'hui considéré dans la tradition chrétienne comme hébergeant à la fois le lieu de la crucifixion et le tombeau du Christ. Le mystère demeure toujours concernant son authenticité historique.
Des fouilles ont enfin pu être réalisées, à partir de 2022 pendant la rénovation du sol de l'église, sur ce site sacré. L'analyse des artefacts recueillis prend du temps, mais de premiers résultats ont été dévoilés. L'histoire de cet endroit a alors pu être détaillée. Il s'agissait tout d'abord d'une carrière au temps de l'âge de fer, entre 1200 et 586 avant J-C.
Elle a ensuite servi de lieu de sépulture avec des tombes directement dans la roche, notamment sous le premier empereur converti au christianisme Constantin, au IVe siècle. "Constantin choisit celle qui était vénérée comme le tombeau de Jésus et il fit creuser autour, dans la zone qui correspond à la rotonde actuelle, l'isolant ainsi des autres sépultures", a détaillé Francesca Romana Stasolla, archéologue italienne participant aux recherches, dans The Times of Israel.
Cette zone aurait également laissé de la place à un jardin. Les archéologues ont découvert des vestiges de cultures agricoles : des restes d'oliviers et de vignes ont été datés d'environ 2000 ans. Des experts en archéobotanique auraient confirmé que cette zone avait été cultivée à l'époque de Jésus. Un muret de pierre semblait aussi comme encercler le jardin. Cela rappelle donc l'Evangile selon Jean, qui trouve alors un écho inattendu. Cet endroit a bien été cultivé et rempli de plantations, comme l'avance sa description biblique.
"Les découvertes archéobotaniques se sont révélées particulièrement intéressantes pour nous, à la lumière des propos de l'Évangile selon Jean. L'Évangile mentionne une zone verdoyante entre le Calvaire et le tombeau, et nous avons identifié ces champs cultivés", explique Francesca Romana Stasolla.
Il ne s'agit évidemment pas d'une preuve irréfutable que la sépulture de Jésus est en ce lieu, mais cela suggère que cet endroit a bien été associé à la mort du Christ par les premiers chrétiens, amplifiant avant tout sa valeur symbolique. "Le véritable trésor que nous révélons, c'est l'histoire du peuple qui a fait de ce site ce qu'il est en y exprimant sa foi", a conclu l'experte. Les recherches vont se poursuivre.