Ce nouveau phénomène pourrit la vie des lycéens, leurs parents n'ont pas connu ça

Ce nouveau phénomène pourrit la vie des lycéens, leurs parents n'ont pas connu ça La vie des lycéens n'est pas facile, et pas seulement à cause des cours de maths ou d'allemand...

La transition entre le lycée et l'enseignement supérieur a bien changé en une dizaines d'années, les adolescents sont désormais confrontés à l'émergence d'un phénomène numérique inédit. Traditionnellement, l'appréhension de la rentrée se cristallisait autour du premier jour de cours et de la nécessité de tisser des liens spontanés sur place. Désormais, une nouvelle source d'anxiété sociale surgit bien en amont, s'invitant dès les vacances d'été dans le quotidien des futurs bacheliers.

Pour pallier la peur de l'isolement dans les amphithéâtres, de nombreux jeunes diplômés se sentent contraints de se mettre en scène sur les réseaux sociaux. Dès l'obtention de leur diplôme et la confirmation de leur orientation, ces jeunes adultes entament des démarches actives pour nouer des relations, et ce exclusivement en ligne. Beaucoup se lancent ainsi dans la recherche d'amis et de colocataires à travers les plateformes numériques.

Cette numérisation des rapports humains devient une source d'angoisse précoce. "Maintenant, je crains de devoir me faire des amis avant même d'avoir mis les pieds sur le campus", témoigne un jeune étudiant auprès de CNN, qui publie un long article d'analyse consacré à ce phénomène très occidental.

Un phénomène pourrit la vie des jeunes © 123rf

Un futur étudiant en terminale a témoigné de cette pression invisible. En se rendant sur la page de l'établissement supérieur dans lequel il avait été accepté, il a découvert des centaines de publications d'autres nouveaux inscrits en quête de contacts, affichant des messages standardisés tels que : "Je cherche un colocataire et des amis, alors n'hésitez pas à me contacter".

D'après le sondage Youth Poll réalisé par la prestigieuse université d'Harvard, les étudiants constituent une cible idéale pour "ceux qui cherchent à tirer profit de leur anxiété". Et ni les universités ni les étudiants n'ont pris le problème à bras le corps. Ce qui a permis à Instagram ou Facebook de voir pulluler des pages de présentations et de rencontres en ligne.

Ces pages proviennent souvent de sociétés privées, qui surfent sur les inquiétudes et monétisent leur contenu destinées à "apaiser" les jeunes... mais c'est en réalité un business. "J'ai fini par apprendre que ces pages sont rarement gérées par les établissements scolaires eux-mêmes. Ce sont souvent des entreprises et des prestataires externes qui s'en occupent, fréquemment sans l'autorisation des écoles concernées", regrette un témoin sur CNN.

Certains résistent à cette injonction de sociabilisation virtuelle, prouvant que cette étape n'est pas incontournable. C'est le cas de Jane, qui a abordé sa rentrée de manière plus traditionnelle. "Je n'avais aucun ami sur le campus avant d'arriver", a-t-elle déclaré. Avant de poursuivre : "je suivais discrètement la page Instagram, mais je ne publiais rien. Je ne commentais rien. Les gens disaient : "Ce compte Instagram est génial ! Tu vas arriver sur le campus en groupe, c'est comme ça qu'il faut faire." Je n'ai pas procédé ainsi, et tout s'est très bien passé".

Bien que ce type de dispositif commercial pré-rentrée soit pour l'instant moins développé en France, la question de la santé mentale et des troubles anxieux reste un sujet de préoccupation majeur au sein de la jeunesse étudiante, où les pathologies de ce type font rage. Les jeunes Français partagent cette vulnérabilité psychologique face à l'avenir. En France, les 18-25 ans représentent en effet la tranche de la population où l'anxiété se manifeste le plus, rapporte l'ANS dans un rapport très commenté. 58% d'entres eux déclarent "être anxieux".