Nous polluons la nature avec nos chaussures, même les scientifiques n'en reviennent pas

Nous polluons la nature avec nos chaussures, même les scientifiques n'en reviennent pas Deux plans d'eau en haute altitude ont fait l'objet d'une enquête scientifique afin de mesurer leur taux de microplastiques.

Faire une randonnée dans la nature serait un acte de pollution ? C'est ce que suggèrent des scientifiques américains dans un rapport issu d'une expédition menée dans les monts Adirondack, un massif du nord-est de l'État de New York. La cause principale de cette pollution est la présence de microplastiques dans l'environnement.

Présent dans les sols, la pluie et même le corps humain, les microplastiques sont de minuscules particules de plastique provenant de biens de consommation ou résultant de la dégradation de plastiques plus volumineux. Elles peuvent contenir jusqu'à 16 000 substances chimiques, dont beaucoup, comme le BPA, dangereux pour la santé, rappelle The Guardian qui fait le point sur cette enquête.

L'entreprise Evergreen Business Analytics, spécialisée dans l'analyse de données, et l'association "Adirondack Hamlet to Huts", qui renseigne les randonneurs sur les itinéraires et les hébergements disponibles dans la région, se sont associées pour aller enquêter jusqu'aux plus hautes sources du fleuve Hudson. Ils ont fait des prélèvements dans le lac "Tear of the Clouds" (littéralement "Larme des Nuages"), situé à environ 1 300 m d'altitude. Un laboratoire y a détecté neuf particules de microplastiques par millilitre d'eau (ml). L'équipe suppose que ces polluants ont été déposés par la pluie car il n'y a aucune habitation, usine et route à proximité des lieux.

Mais récemment, les explorateurs se sont rendus compte qu'ils étaient sur une fausse piste. En se penchant sur un autre plan d'eau, un étang situé à la même altitude, ils observent que celui-ci contient 0,73 particule par ml de microplastiques contre 16,54 dans le lac, vingt-trois fois moins. Ces nouveaux résultats, livrés par le laboratoire indépendant, prouvent que la théorie de la pluie ne tient plus. Ce qui différencie les deux plans d'eau, outre les quelques kilomètres qui les séparent, est le sentier de randonnée pédestre très fréquenté qui passe à côté du lac.

Leur nouvelle théorie : les équipement des randonneurs. En effet, les chaussures de randonnée, en particulier celles à semelles souples, mais aussi les vêtements synthétiques en polyester par exemple, "semblent contribuer de manière significative à la pénétration de microplastiques dans ces eaux isolées, pourtant cristallines", confie Tim Keyes, un scientifique des données de l'Université Sacred Hear, au Guardian.

Selon les auteurs du rapport, publié suite à l'expédition, les randonneurs devraient porter des chaussures à semelles en caoutchouc rigide, moins polluantes que les semelles souples. Ils pourraient aussi recouvrir leurs habits en fibres synthétiques avec des vêtements en fibres naturelles, comme le coton.