Des symboles vieux de 40 000 ans découverts, il pourrait s'agir de la première langue écrite

Des symboles vieux de 40 000 ans découverts, il pourrait s'agir de la première langue écrite La première langue écrite ne daterait pas de 3400 avant notre ère mais serait bien plus ancienne. Des symboles vieux de 40 000 ans remettent en question ce fait historique.

Depuis des décennies, il est acquis, avec les acquis des connaissances archéologiques actuelles, que les premiers systèmes d'écriture se sont développés chez les Sumériens vers 3400 avant notre ère. Cette affirmation reposes sur la découverte des tablettes cunéiformes vielles de 5 000 ans.

Mais des travaux récents viennent changer cette vision des choses. L'écriture datant de l'époque des Sumériens pourrait être antérieure de plusieurs milliers d'années aux symboles des tablettes cunéiformes. En effet, selon Geneviève von Petzinger, paléoanthropologue à l'Université de Victoria au Canada, ces formes d'écriture préhistoriques pourraient avoir utilisé des symboles presque aussi universels que les émojis. Par exemple, un symbole semblable au hashtag figure sur ces tablettes, explique le média Open Culture.

Von Petzinger a passé des années à répertorier ces symboles en Europe, visitant "52 grottes" selon le magazine New Scientist. De la France, à l'Espagne en passant par l'Italie et le Portugal, les symboles qu'elle a découverts et identifiés comme partagés sur de vastes territoires étaient divers et variés : des points, lignes, triangles, carrés et zigzags ou bien plus complexes comme des échelles, des empreintes de mains ou encore des tectiformes ressemblant à des poteaux surmontés d'un toit, et des penniformes évoquant des plumes.

© Geneviève von Petzinger

En tout, la paléoanthropologue a découvert 32 signes semblables disséminés sur tout le continent européen. Von Petzinger estime que ce système primitif de communication serait précurseur du "réseau mondial d'échange d'informations" du monde moderne. Ces symboles auraient été gravés et peints sur une très longue période et se trouveraient aujourd'hui dans des grottes mais aussi sur des objets. C'est ce que démontre la paléoanthropologue avec un collier ancien sur lequel sont enfilées des dents de cerf gravées.

Ces symboles, gravés sur les parois non seulement des grottes de l'Europe mais aussi du monde entier, "témoignent d'une évolution fondamentale des capacités mentales de nos ancêtres ", estimerait Von Petzinger selon le magazine scientifique. Ils auraient utilisé ces symboles abstraits pour communiquer. Cette théorie, qui remet en question la première forme de système d'écriture, n'est pas validée par tous ses pairs. Le docteur Jean Clottes explique, sur le site de la Fondation Bradshaw, que ces "signes sont toujours (ou presque toujours) associés à des figures animales et ne peuvent donc être considérés comme les premiers pas vers le symbolisme".

Cependant, l'art rupestre pourrait témoigner de la capacité des premiers humains à "convertir des sons acoustiques en dessins" selon Sarah Gibbens dans le National Geographic. De plus, "les mécanismes cognitifs nécessaires au développement de l'art rupestre sont probablement analogues à ceux mis en œuvre pour l'expression de la pensée symbolique requise par le langage" explique la linguiste Cora Lesure du MIT dans un article de Frontiers in Psychology. Ainsi,  selon sa théorie, "l'art rupestre représenterait une modalité d'expression linguistique" signifiant que les symboles qui l'entourent pourraient en constituer un développement majeur.