Un secret américain sur le porte-avions "France libre" : des composants qui vont coûter une fortune à la France

Un secret américain sur le porte-avions "France libre" : des composants qui vont coûter une fortune à la France Seuls les Etats-Unis maîtrisent la production à grande échelle d'un dispositif nécessaire sur le nouveau porte-avions "France Libre". La facture devrait être salée pour la France.

800 sous-traitants sur le pont, 310 mètres de long, 78 000 tonnes... Ces chiffres donnent le tournis et surtout la mesure de ce que sera le porte-avions français nouvelle génération, le "France-Libre". Celui qui doit être opérationnel pour 2038 remplacera l'historique Charles-de-Gaulle, mis en service en 2001. Son prix, lui, est annoncé entre 10 et 12,2 milliards d'euros, soit le tarif pour 100 Rafale.

Pour ce chantier pharaonique, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que 90% de la production de ce nouveau porte-avions profiterait aux entreprises françaises. Alors, ce chiffre est-il exact ? Pas tout en fait, selon L'Essentiel de l'Eco. En effet, le site d'informations dédié aux dirigeants et aux acteurs de l'innovation pointe notamment les trois catapultes électromagnétiques EMALS qui seront présentes sur le porte-avions de nouvelle génération (PANG) "France Libre", livré dans un peu plus de 20 ans.

Ces catapultes ne seront pas produites en France, mais fournies par l'entreprise américaine General Atomics. Une première vente en 2021 à hauteur de 1,2 milliard d'euros puis un nouveau contrat de 43 millions de dollars "a été notifié à General Atomics pour finaliser la configuration technique, avec livraison des spécifications attendue en janvier 2028", précise le média. Si le chiffre officiel représente environ 10% du coût total du programme, le GICAN, syndicat naval, évalue lui la facture totale à 3 milliards d'euros. L'écart est donc considérable et bien supérieur à ce qui a été annoncé.

En réalité, la France n'aurait pas vraiment le choix. Selon le think-tank Théâtrum Belli, "l'accès aux évolutions, aux modifications profondes et à des segments clés du maintien en condition opérationnelle restera structurellement dépendant du fournisseur américain". Autrement dit : le secret de fabrication américain restera bien gardé. Quid d'un retournement de situation de Donald Trump au sujet des exportations américaines en Europe, notamment sur l'armement qui viendrait largement contrecarrer les plans tricolores en vue de la construction du "France Libre" ? Un "plan B" tenu secret est prévu, d'après un conseiller présidentiel auprès de l'Essentiel de l'Eco.

Avec ces chiffres, la part de 90% du coût total de ce nouveau porte-avions destinée à bénéficier directement à nos "entreprises nationales" comme l'avait déclaré le chef de l'Etat le 18 mars dernier sur le site de Naval Group Nantes-Indret, apparaît délicate à respecter. Aujourd'hui, seuls les Etats-Unis maîtrisent les catapultes électromagnétiques embarquées à grande échelle, nécessaires pour le "France Libre".