Boris Johnson : poussé à la démission ? Ce qui attend le Premier ministre

Boris Johnson : poussé à la démission ? Ce qui attend le Premier ministre Boris Johnson a perdu la majorité absolue au Parlement britannique, après qu'un député de son camp a fait défection ce mardi. Faute de majorité nécessaire pour mener sa stratégie, il a annoncé qu'il allait soumettre au Parlement une motion appelant à des élections anticipées.

[Mis à jour le 3 septembre 2019 à 23h30] Coup de théâtre à Westminster.  Boris Johnson a perdu sa majorité à la Chambre des Communes ce mardi 3 septembre. Alors que Boris Johnson était au milieu de sa déclaration, l'élu conservateur Phillip Lee est allé s'asseoir au milieu des députés du Parti libéral-démocrate, privant le premier ministre de sa majorité qui ne tenait qu'à une voix Dans un communiqué, cet élu du Parlement britannique indique que, selon lui, un Brexit sans accord serait "dommageable". Et d'ajouter au sujet du cap politique de Boris Johnson : "Il met en danger des vies et menace de manière injustifiée l'intégrité du Royaume-Uni". 

C'est un lourd revers pour le Premier ministre. Les députés ont, comme on pouvait s'y attendre, adopté une motion visant à obtenir un report du Brexit, prévu le 31 octobre. Le texte a été adopté par 328 voix pour (301 contre), réunissant députés de l'opposition, mais aussi conservateurs hostiles à une sortie de l'Union européenne sans accord évoquée par Boris Johnson qui est résolument opposé à un report. Après le vote, il a annoncé au Parlement qu'il allait déposer une motion pour des élections anticipées. 

Le Premier ministre a toutefois assuré il y a quelques jours que faute de majorité nécessaire pour mener sa stratégie, il soumettrait immédiatement au Parlement une motion appelant à des élections anticipées. La défection de Philip Lee constitue un rebondissement, même si Boris Johnson savait que plusieurs députés de son camps étaient prêts à s'opposer à lui ce mardi. Sens de la mise en scène oblige, c'est avec fracas, à l'Assemblée, que le parlementaire a rejoint les rangs de l'opposition.

Le portrait de Boris Johnson, entre frasques et polémiques

Boris Johnson, surnommé "BoJo", est un personnage atypique. Il revendique par exemple un héritage historique : la descendance du roi d'Angleterre George II, mais aussi celle d'Ali Kemal, un ministre de l'Intérieur de l'empire ottoman. Après avoir reçu une éducation prestigieuse, il commence en 1987 une carrière de journaliste en entrant comme stagiaire au Times, avant de rejoindre le Daily Telegraph. Il se rapproche du milieu politique dans les années 1990 avant d'être élu député avec le parti conservateur en  2001. Son futur parcours politique sera marqué par des sorties polémiques.

Boris Johnson est un personnage controversé, habitué des déclarations chocs, que ce soit en tant qu'homme politique ou dans sa carrière de journaliste. Il a par exemple été renvoyé du Times pour avoir inventé une citation attribuée à l'universitaire Colin Lucas. Dans ses tribunes pour le Daily Telegraph, il a également utilisé des expressions comme "négrillons" ou "sourires de pastèques" pour décrire les habitants des pays du Commonwealth, ou tenter une comparaison entre les femmes portant la burqa et des "boîtes aux lettres", ou encore remporté un concours de "poèmes satiriques" sur le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan à l'aide d'une plaisanterie peu flatteuse sur ses chèvres.

Mais les frasques de Boris Johnson ne se limitent pas à sa carrière d'éditorialiste. Durant la campagne du référendum sur le Brexit, il s'est engagé dans la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Alors maire de Londres, il a notamment mis en avant un argument financier, placardé sur ses bus de campagne : "Nous envoyons 350 millions de livres à l'UE chaque semaine, finançons plutôt notre NHS (le système de santé britannique, ndlr)". Un argument qui aurait beaucoup joué en faveur du Brexit, mais qui se révélera rapidement avoir été mensonger : la contribution du Royaume-Uni au budget de l'UE était en moyenne de 135 millions de livres par semaine entre 2010 et 2014.

L'ascension de Boris Johnson

Malgré ces excentricités, Boris Johnson connaît une carrière plutôt réussie en politique et ce avant même de devenir Premier ministre de son pays. Après son élection en tant que député de Henley, dans le centre de l'Angleterre, il siège pendant 7 ans à la chambre des communes. En 2008, il est élu pour quatre ans au poste de maire de Londres, puis réélu en 2012. Selon un sondage YouGov, il s'est révélé relativement populaire auprès des londoniens, quittant son mandat avec 52% d'opinions favorables. En 2015, il est réélu membre du Parlement, cette fois-ci dans une circonscription du "Greater London".

En 2016, il rejoint le gouvernement de la nouvelle Première ministre britannique Theresa May. Il est alors secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, et s'occupe de certains dossiers liés au Brexit et à ses conséquences. Il démissionne de ce poste en juillet 2018. En mai 2019, après la démission de Theresa May, il annonce se présenter à l'élection du nouveau chef pour le parti conservateur, et reçoit le soutien du président américain Donald Trump. Il remporte les différents tours du scrutin organisé au sein des "MPs", l'équivalent des députés britanniques, et remporte l'élection auprès des adhérents face à Jeremy Hunt, ce qui lui vaudra d'être désigné Premier ministre

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