Dans ce pays, la crise de l'eau est si terrible qu'elle se voit depuis l'espace

Dans ce pays, la crise de l'eau est si terrible qu'elle se voit depuis l'espace Ce pays semi-aride subit une sécheresse depuis plusieurs années et voit plusieurs de ses réservoirs d'eau se vider à vue d'œil. Le phénomène est tel qu'il est visible depuis l'espace.

Plusieurs mois sans une goutte de pluie ou presque. Ce pays au climat semi-aride connaît sa plus importante période de sécheresse depuis plus de quarante ans et peut-être une des pires de son histoire. Après la saison sèche qui s'est avérée caniculaire, les autorités et la population espéraient assister au retour des précipitations, même minimales, à la saison des pluies qui a débuté en septembre. Mais la sécheresse s'est prolongée, aggravant le risque de pénurie d'eau.

Ce pays, c'est l'Iran. La région n'est pas étrangère aux pénuries, mais le phénomène est devenu de plus en plus régulier et de plus en plus important ces dernières années, sous l'effet du réchauffement climatique, mais aussi de la surexploitation des terres, de la multiplication des barrages sur les fleuves ou encore d'une mauvaise gestion. Il a même fini par menacer la capitale, Téhéran, longtemps épargnée.

Si les réserves d'eau ont l'habitude de diminuer à la saison sèche, elles continuent de se raréfier "à une période de l'année où l'on s'attendrait normalement à ce qu'elles se reconstituent, et non à ce qu'elles s'effondrent davantage", commente Amir AghaKouchak, professeur de génie civil et environnemental à l'Université de Californie à Irvine auprès de CNN. La crise est telle que de nombreux réservoirs d'eau du pays sont remplis à moins de 10% et cela se voit même depuis l'espace grâce aux images de l'agence spatiale européenne. La différence est frappante sur les images de Sefid Roud, dans le nord du pays. 

Le réservoir de Sefid Roud en novembre 2024 (gauche) et en novembre 2025 (droite) © Agence spatiale européenne

La raréfaction de l'eau commence à se faire ressentir près le capitale puisque les principaux réservoirs d'eau environnants ne sont remplis qu'à environ 11% selon Mohsen Ardakani, directeur général de l'Autorité provinciale de l'eau et de l'assainissement de de la ville, cité par l'agence de presse semi-officielle iranienne Mehr début novembre. Le barrage de Latyan, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville au pied des montages d'Alborz, n'est rempli qu'à environ 9% par exemple. Même chose pour le barrage Amir Kabir, situé à environ 65 kilomètres au nord-ouest de Téhéran, qui se trouve à un niveau dangereusement bas autour de 8% de sa capacité totale selon Reuters.

Le réservoir d'Amir Kabir en novembre 2024 (gauche) et novembre 2025 (droite) © Agence spatiale européenne

La situation est encore plus critique ailleurs. Les réservoirs qui alimentent Mashhad, deuxième plus grande ville du pays qui abrite environ 3 millions d'habitants, ne sont remplis qu'à 3% d'après Hossein Esmailian, directeur de la compagnie des eaux et des eaux usées de Mashhad, cité par ISNA News.

L'Iran, en proie à un sécheresse continue depuis six ans, se dirige vers une "catastrophe progressive et de longue durée qui engendre des dommages irréversibles", a déclaré Kaveh Madani, directeur de l'Institut de l'eau, de l'environnement et de la santé de l'Université des Nations Unies, auprès de Reuters. Si la situation s'aggrave, des rationnements d'eau pourraient être plus fréquents. Des évacuations temporaires sont aussi évoquées, par exemple durant l'été les autorités ont décrété des jours fériés exceptionnels pour inciter la population à quitter la ville.

D'autres solutions sont également testées comme l'ensemencement des nuages, soit l'injection de particules dans les nuages pour provoquer la pluie. Une méthode dont l'efficacité fait encore débat. Mais les autorités espèrent qu'un retour des précipitations dans les prochaines semaines permettra de remplir à nouveau les réservoirs.