Avec cette blague sur le Groenland, Trump se moque ouvertement du Danemark

Avec cette blague sur le Groenland, Trump se moque ouvertement du Danemark Le ton monte entre Washington et Copenhague. Donald Trump a relancé les tensions diplomatiques avec une moquerie acerbe sur la défense du Groenland.

La première ministre danoise avait demandé au président américain de "cesser les menaces" d'annexion du territoire, rappelant que le peuple groenlandais avait "clairement fait savoir qu'il n'était pas à vendre". Visiblement, Donald Trump n'a pas grand-chose à faire de cette requête. Lors d'une conférence de presse à bord d'Air Force One organisée le 4 janvier, le président des Etats-Unis a de nouveau provoqué le Danemark au sujet d'une éventuelle annexion du Groenland, territoire autonome du Danemark.

"En ce moment, le Groenland est couvert de bateaux russes et chinois. Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", a jugé Donald Trump à bord de l'avion présidentiel. Avant d'ajouter : "On s'occupera du Groenland dans environ deux mois. C'est tellement stratégique (...) Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité au Groenland ? Ils ont ajouté un traîneau à chiens de plus. C'est vrai ! Ils ont pensé que c'était une excellente décision", sur le ton de la moquerie.

Une blague très peu diplomatique et étonnante pour parler d'un allié et railler sa capacité militaire. D'autant que l'investissement du Danemark s'est élevé en réalité à environ 4 milliards d'euros en 2025 pour sécuriser l'Île : le royaume a acheté 16 F-35 supplémentaires, deux navires de patrouille arctique, des avions de patrouille maritime et d'importants systèmes de drones.

La sortie de Donald Trump a d'ailleurs été très remarquée. Elle fait suite à un message posté samedi soir sur X par Katie Miller, ex-conseillère du président américain et épouse de l'un de ses plus proches conseillers. On y voit une image du Groenland recouverte d'un drapeau américain, accompagnée d'un unique mot : "SOON" ("bientôt"). Un message perçu comme avant-coureur d'une nouvelle attaque verbale sur le sujet.

Donald Trump lors d'une conférence de presse à bord d'Air Force One le 4 janvier 2026

Ce genre d'offensive contre le Groenland et donc, le Danemark, est devenu une petite habitude au sein de l'administration Trump. "Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les Etats-Unis. Ce serait formidable pour lui, formidable pour nous ! Faisons-le !", disait-il dès son retour au pouvoir fin 2024 sur X. En mars dernier, le vice-président JD Vance suscitait un incident diplomatique en prévoyant une visite sur l'île sans invitation officielle. Il ne s'était finalement rendu que sur la base américaine de Pituffik.

Le 22 décembre dernier, le gouverneur de Louisiane Jeff Landry a été nommé "envoyé spécial au Groenland", avec pour mission explicite, selon la Maison-Blanche, de "faire du Groenland une partie des Etats-Unis". Une nomination qui avait également suscité un tollé en Europe.

Ce lundi 5 janvier 2026, le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielssen a fermement rejeté les menaces de Donald Trump sur le Groenland, appelant à mettre fin aux pressions et aux fantasmes d'annexion. "Ça suffit maintenant. Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d'annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international", a-t-il écrit sur Facebook. Preuve de l'extrême tension qui règne entre Washington et Copenhague depuis des mois.