Brigitte Macron sur les sales connes : pourquoi elle ne regrette pas et défend encore Ary Abittan
Brigitte Macron sort du silence. Une dizaine de jours après la vidéo polémique la montrant parler de "sales connes" en référence aux militantes féministes ayant interrompu le spectacle d'Ary Abittan, qui a été accusé de viol en 2021, la Première dame a réagi à ses propos le lundi 15 décembre. Au micro de Brut, elle présente des excuses à demi-mot aux victimes des violences sexuelles : "Je suis désolée si j'ai blessé les femmes victimes, ce sont à elles et à elles seules que je pense". Pas d'excuse en revanche sur le discours tenu, mais plutôt un mise au point.
D'après Brigitte Macron, cet instant et ces propos "n'étaient absolument pas destinés à être publics". La femme du président de la République explique s'être exprimée face à quatre personnes - l'humoriste Ary Abittan qu'elle qualifie "d'ami", sa fille et deux autres personnes - sans savoir "qu'il y avait quelqu'un derrière [elle] qui filmait". Une discussion de l'ordre du privé durant laquelle, Brigitte Macron indique avoir voulu soutenir l'humoriste "qui avait peur" : "Je me suis fâchée, j'ai dit 'maintenant on va t'aider' avec une manière très directe. Je n'aurais certainement pas employé ces termes en public". "J'avais besoin de le rassurer, je l'ai rassuré certainement maladroitement", ajoute-t-elle.
Un soutien à Ary Abittan que Brigitte Macron confirme. La Première dame dit "ne pas supporter qu'on interrompe un spectacle", comme des militantes féministes l'ont fait lors de la représentation de l'humoriste dans une salle parisienne le 7 décembre. "Ça veut dire quoi cette censure qu'on exerce sur un artiste ? C'est quelque chose que je ne comprends pas, nous ne sommes pas des juges", a ajouté l'épouse du chef de l'Etat. Brigitte Macron a indiqué par ailleurs se tenir aux côtés des victimes de violences sexuelles. "Je suis là pour elles", a-t-elle assuré évoquant un engagement personnel mais discret pour cette cause. La Première dame, qui mène publiquement le combat contre le harcèlement, explique ne pas vouloir multiplier les prises de position publiques et s'engager discrètement auprès des femmes victimes.
Malgré ce mea-culpa, l'association féministe "Les Tricoteuses hystériques" a annoncé le dépôt d'une plainte ce mardi 16 décembre contre Brigitte Macron. Elle reproche à la Première dame d'avoir traité de "sales connes" les militantes qui ont interrompu un spectacle de l'humoriste Ary Abittan. "Cette plainte est déposée au nom de 343 femmes et associations, qui se déclarent collectivement et individuellement atteintes par ces propos. Elle est initiée et portée par Les Tricoteuses hystériques, sous l’impulsion de leur présidente Vigdis Morisse Herrera, avec l’association de deux autres structures féministes co‑plaignantes, 3égales3 et MeTooMedia", précise l'association fondée à la suite des procès de Mazan, des propos relayés par BFMTV. "Le nombre de 343 plaignantes constitue un choix symbolique et politique, en référence directe au Manifeste des 343 publié en 1971", poursuit l'association.
"Quand je suis dans le privé, je peux me lâcher"
Si Brigitte Macron assume sa position auprès d'Ary Abittan, regrette-t-elle les mots insultants utilisés ? Si elle reconnaît leur inadéquation pour une Première dame, elle ne dit pas les regretter : "Je ne peux pas regretter de parler. Je suis effectivement l'épouse du président de la République mais je suis avant tout moi-même". "Quand je suis dans le privé, effectivement, je peux me lâcher d'une manière qui n'est absolument pas adéquate", poursuit-elle répétant avoir voulu rassurer un ami avec maladresse : "Je n'avais pas d'autres mots à ma disposition à l'époque, à ce moment-là".
"De toute façon je pense qu'on a le droit de parler et le droit de penser. Je ne suis pas toujours l'épouse du président de la République, j'ai aussi une vie privée et ce moment était un moment privé", réaffirme-t-elle. Un instant privé lors duquel Brigitte Macron se savait filmée d'après les informations de Médiapart. Le journal d'investigation rapporte que c'est l'agence de presse de Mimi Marchand qui suivait la Première dame. C'est en revanche bien une "erreur" sur les images ont été publiées indiquent Médiapart et Le Parisien.