"Une insulte à la grandeur de l'Amérique" : Bad Bunny fait le show au Super Bowl et ulcère Donald Trump
La culture portoricaine mise à l'honneur et un "God bless America" étendu à l'ensemble des pays d'Amérique du sud, d'Amérique central et d'Amérique du Nord, au lieu des seuls Etats-Unis. Bad Bunny a livré un spectacle festif et politique à la mi-temps du Super Bowl dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 février 2026.
L'artiste portoricain, qui avait déjà marqué la cérémonie des Grammy Awards une semaine plus tôt et suscité les critiques de Donald Trump, a fait un pied de nez au président américain et à sa politique migratoire, sans jamais le citer. Bad Bunny a transformé la pelouse du Levi's Stadium de Santa Clara en Californie en village portoricain pour un spectacle presque intégralement en espagnol, à l'image de Debí Tirar Más Fotos sacré meilleur album de l'année au Grammy Awards 2026. Titi Me Pregunto, Monaco, Nuevayol ou encore Baile inolvidable... Plusieurs classiques du chanteur de reggaeton ont été entonnés par tout un stade et animés par un parterre de danseurs.
Un choix logique au vu la direction artistique de Benito Antonio Martinez Ocasio, vrai nom de l'artiste, mais qui a ulcéré Donald Trump. "Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type", a attaqué le locataire de la Maison Blanche dans un message publié sur Truth Social. Sans doute Donald Trump a-t-il omis les 41 millions de personnes vivant aux Etats-Unis et parlant espagnol selon les chiffres officiels. Le président américain a également qualifié le spectacle de la mi-temps du Super Bowl d'"absolument lamentable" et de "véritable gifle" pour les Etats-Unis par Donald Trump. "C'est absurde, une insulte à la grandeur de l'Amérique, et cela ne reflète en rien nos valeurs de réussite, de créativité et d'excellence", a-t-il ajouté.
Le locataire de la Maison Blanche avait jeté l'opprobre sur la mi-temps du Super Bowl 2026 avant même qu'elle ait lieu. Il avait désapprouvé la programmation de Bad Bunny, mais aussi celle du groupe Greenday qui s'est produit en marge du match, dès l'annonce par la NFL, la ligue de football américain organisatrice de l'événement. Alors que Bad Bunny représente la multiculturalité de l'Amérique, celle que Donald Trump combat, le groupe de rock est un fervent opposant au chef de l'Etat.
L'opposition de Donald Trump n'a en rien empêché ces artistes de se produire et de livrer leurs messages. Bad Bunny a ainsi clôturer ses treize minutes de show avec une procession de drapeaux représentant tous les pays du continent américain. Le groupe Greenday, quant à lui, a interprété son titre American Idiot, le même qu'il avait détourné pour critiquer la politique de Donald Trump au Nouvel An 2024.
ALL THE LATIN AMERICAN COUNTRIES BEING MENTIONED BY BAD BUNNY IN THE HALFTIME SHOW. #SuperBowl pic.twitter.com/sYySsOmTE8
— Access Bad Bunny (@AccessBadBunny) February 9, 2026
Et plusieurs artistes, venant de la scène hispanique ou non, se sont joints au spectacle de Bad Bunny. L'acteur Pedro Pascal ou encore la chanteuse Karol G et la rappeuse Cardi B étaient présents sur la scène de l'artiste portoricain. Lequel a convié Lady Gaga à chanter une version salsa de Die with a smile et Ricky Martin à faire une apparition surprise.
Si le spectacle de Bad Bunny a inévitablement été très politique, le chanteur a tenu à véhiculer un message d'unité et d'amour. En témoigne le message qui s'est affiché à l'issue de se prestation au Levi's Stadium : "The only thing more powerful than hate is love", comprenez "la seule chose plus puissante que la haine est l'amour". Un message qu'il avait déjà porté sur la scène des Grammy Awards au moment de recevoir ses prix.