"Pas de tri dans l'expression du suffrage universel" : Macron trouve "normal" de discuter avec le RN
"L'arc républicain, c'est l'hémicycle", déclarait Gabriel Attal au Monde il y a quelques jours. Jeudi 9 février, le Premier ministre assumait de nouveau de travailler "avec tout le monde" au Parlement. Des déclarations qui en ont irrité certains, à gauche comme au sein du camp macroniste. Mais ce vendredi, Emmanuel Macron a abondé dans le sens de son dauphin : le président a jugé "tout à fait normal de dire qu'il peut y avoir des discussions" avec le Rassemblement national à l'Assemblée.
"On ne va pas considérer que telle ou telle formation politique aurait moins de droits parlementaires, moins de reconnaissance", a défendu Emmanuel Macron devant la presse, lors d'un déplacement à Bordeaux. Le président refuse d'y voir un changement de doctrine vis-à-vis du parti de Marine Le Pen. "Je crois que c'est la reconnaissance du fait que tous les partis qui sont représentés à l'Assemblée ont été choisis par nos compatriotes et qu'on ne fait pas de tri dans l'expression du suffrage universel", explique-t-il.
"Aucun texte" voté "grâce au Rassemblement national"
"Il y a depuis le début de cette législature plusieurs textes qui ont été votés par le Rassemblement national", note encore Macron. "Nous avons simplement veillé à ce qu'aucun texte ne soit voté grâce au Rassemblement national", affirme-t-il.
"Le Président Macron marque, quoi qu'il en dise, une rupture grave dans l'histoire démocratique de notre pays", a réagi le député écologiste Benjamin Lucas sur X, dénonçant "une trahison" et "un forfaiture".