La sœur de Rachida Dati bénéficie d'un logement social : une polémique et un coup de colère de la ministre

La sœur de Rachida Dati bénéficie d'un logement social : une polémique et un coup de colère de la ministre Rachida Dati est-elle intervenue dans l'attribution d'un logement social à Paris pour sa sœur ? La maire du 7e arrondissement s'en défend, mais une autre édile la contredit... Le point sur la polémique.

À trois mois et demi des élections municipales 2026, la classe politique parisienne est particulièrement en émulation. Dernier dossier en date qui fait des étincelles ? Le possible coup-de-pouce de Rachida Dati à la candidature à un logement social d'une de ses sœurs. Depuis déjà deux mois, l'affaire fait couler beaucoup d'encre. Tout a commencé le 9 octobre dernier lorsque, en plein conseil de la Ville de Paris, la maire Les Républicains du VIIIe arrondissement de la capitale, Jeanne d'Hauteserre, a révélé, sans citer Rachida Dati, avoir "des amis, et notamment des maires de [son] bord, qui [lui] demandent un logement social pour leur famille parce qu'il ne faut pas loger dans le même arrondissement, vous voyez ce que je veux dire…".

Il n'en fallait pas plus pour que Le Canard enchaîné se penche sur le sujet et affirme, cinq jours plus tard, que la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, également candidate à la mairie de Paris en 2026, et sa sœur étaient bien les personnes en question dans ce récit. Dans la foulée, la principale intéressée avait rapidement démenti l'information, affirmant que c'est l'employeur de sa sœur, à savoir Veolia, qui lui avait permis d'obtenir son logement.

"Dati n'aime pas le logement social, sauf lorsqu'il s'agit de loger sa propre famille"

Quelques semaines plus tard, c'est au tour de Mediapart de remettre une pièce dans la machine. Le média en ligne a révélé mardi 2 décembre que Jeanne d'Hauteserre confirme bien avoir eu un courrier de Rachida Dati lui demandant si, en tant que maire du VIIIe arrondissement, elle "pouvait faire quelque chose pour l'un des membres de sa famille qui souhaitait un logement social". Mediapart affirme également que le logement social dans lequel réside la sœur de Rachida Dati "n'a jamais été attribué par Veolia, mais bien par la commission d'attribution des logements du XVe [arrondissement] en 2012".

Une information qui est rapidement remontée aux oreilles de son concurrent dans la course à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. "La droite de Dati n'aime pas le logement social, sauf lorsqu'il s'agit de loger sa propre famille", a réagi sur X le candidat socialiste. Une remarque qui a piqué au vif Rachida Dati. Sur X également, la ministre de la Culture a fait part de son "choc" face aux propos de son opposant, dénonçant même un "opportunisme politique".

"La duplicité de Mme Dati" pointée du doigt

​​​​​​​Reprochant à Emmanuel Grégoire de l'obliger à exposer la vie de ses proches, Rachida Dati s'est tout de même attardée sur le destin de sa sœur, qui a "aussi dû épouser un homme qu'elle ne connaissait pas la veille de son mariage" et s'est ensuite "retrouvée quelques années plus tard, en grande souffrance, seule avec ses cinq enfants à charge, dans un contexte de violences". Insistant sur le fait que sa sœur avait alors "cherché à protéger ses enfants et fait valoir ses droits, comme n'importe quelle citoyenne est autorisée à le faire", Rachida Dati a réaffirmé qu'il n'y avait eu "aucune intervention de [s]a part".

Des propos toutefois balayés mercredi 3 décembre sur Public Sénat par Emmanuel Grégoire, qui s'est empressé de dénoncer "la duplicité de Mme Dati". Une fois de plus, le Parisien en a profité pour souligner, avec regret, l'opposition systématique de la droite à tout logement social dans la capitale.